Souvenez-vous, Kingdom Hearts, deuxième du nom se terminait sur une vidéo magnifique illustrant un combat titanesque entre des guerriers magnant la keyblade et un magicien. L’attente fut longue avant d’avoir de nouvelles informations sur ce projet. Finalement, ce n’est pas un jeu, mais deux qui furent annoncés par SquareEnix. Si l’épisode PSP est la réponse à la vidéo en question, le deuxième soft lève le voile sur le personnage de Roxas, simili de Sora. Voyons voir si les quelques heures passées en sa compagnie valent le détour.
Pendant que le Sora dort, Roxas danse
Petite mise ne contexte : dans le premier Kingdom Heart (2002), le héros de l’aventure, Sora, se retrouvait transformé en sans cœur, ce qui créa par la même occasion un double appelé Roxas. C’est ce dernier que nous retrouvons au début de Kingdom Hearts II (2006) et qui se révélera être un point clé du scénario.
Le scénario de 358/2 Days se construit donc autour de l’année de vie de Roxas, de son arrivée dans l’organisation XIII, jusqu’à quelques jours avant le début des aventures du deuxième épisode. Nous accompagnerons pendant 358 jours (d’où le titre) l’intégration de Roxas dans l’organisation et son amitié avec Axel, le membre VIII de l’organisation des hommes en noir et Xion, nouveau membre arrivé après Roxas (qui porte donc le numéro XIV). Ces trois personnages se trouvent au centre de l’intrigue, dont le dénouement permet de lever le voile sur de nombreux mystères présents dans les anciens épisodes, mais aussi d’en apprendre plus sur l’organisation XIII et sur le personnage de Roxas.
Concrètement, le déroulement s’organise en missions à remplir chaque jour. Cela couvre aussi bien la chasse aux sans cœur que l’exploration de nouveaux mondes. Au travers de tout cela, nous assistons aux débuts de Roxas dans l’organisation, qui passera du stade de nouvel arrivant à membre vétéran, ainsi que la construction de son amitié entre Axel et Xion. Si l’ensemble se montre lent et peu intéressant dans les premières heures, l’intrigue se rattrape très vite en nous servant des personnages attachants ainsi qu’une histoire bien ficelée tournant autour du sommeil de Sora. C’est un réel plaisir de se replonger dans l’ambiance de la série et d’en apprendre un peu plus sur cet univers qui n’en finit pas de s’enrichir.
Votre mission, si vous l’acceptez…
Comme je le disais précédemment, le soft se découpe en mission. La construction reste simple : chaque jour, une série de missions vous est offerte. Certaines sont obligatoires pour avancer dans le scénario, d’autres non. Avant de choisir celle de la journée, vous pouvez parler à d’autres membres de l’organisation, faire des emplettes au vendeur (seul rescapé des invités de final fantasy) et, surtout, préparer votre équipement car, sur le terrain, vous n’aurez jamais accès à votre inventaire. Ne vous attendez pas à vous amuser dans les missions, car passées les vingt premières, vous aurez l’impression de faire tout le temps la même chose. Le quotidien de l’organisation XIII n’est pas vraiment intéressant. Coup de gueule pour les missions d’enquête où il faut fouiller partout dans les niveaux à la recherche d’indices inutiles.
Dans cet épisode, tout se passe dans la gestion des panneaux, une sorte de représentation des objets en case à placer sur un damier. Par exemple, une potion prend une case, ainsi qu’une arme ou une magie. Les niveaux suivent le même chemin : à chaque passage au niveau supérieur, vous gagnez une case niveau +1, à équiper sur le damier. La grande originalité de tout cela réside dans la possibilité de lier plusieurs panneaux. Ainsi, avec l’objet adéquat, vous pourrez augmenter l’efficacité de votre arme, doubler vos réserves de magie ou encore vos niveaux. Ces liens prennent évidemment de la place et il vous faudra bien gérer votre espace pour optimiser votre équipement. Ce système original se montre très bien pensé et offre de nombreuses possibilités.
Le combat de la Keyblade
Quel que soit le type de mission choisi, vous n’aurez pas le choix de vous battre contre de nombreux sans cœur. Pour le coup, les développeurs ont réussi l’exploit de transposer toute la nervosité des affrontements des épisodes PlayStation 2 sur notre petite DS. Que ce soit sur terre ou dans les airs, Roxas se bat de toutes ses forces et nous le ressentons parfaitement. Le côté action-RPG prend ici tout son sens, grâce à un système de combat simple et accessible. Esquive, ciblage automatique, raccourci pour les magies ou les objets, attaque spéciale à l’article de la mort… Tout est là pour nous simplifier la vie et cela est fort apprécié. Comme ça, nous pouvons nous concentrer entièrement sur l’action, ce qui n’est pas de trop vu le nombre d’ennemis en face, en particulier contre les boss qui se montrent coriaces et transforment les affrontements en épreuve d’endurance. Heureusement, s’il nous arrive de succomber, nous revenons simplement au début de l’affrontement.
Le système de combat se montre donc fort bien pensé et suit parfaitement la lignée de ses prédécesseurs. Quelques défauts sont tout de même présents, comme une caméra capricieuse ou encore une action pas toujours claire à cause de la petite taille de l’écran. Rien de bien méchant au final, ce qui permet au soft de sauver le côté rébarbatif des missions en assurant une action efficace et rythmée. De quoi passer une trentaine d’heures agréables, qui se transforment en une cinquantaine si vous vous attardez à finir toutes les missions ou synthétiser tous les objets.
Les décors sont en place
Kingdom Hearts continue de marquer l’alliance entre Disney et SquareEnix. Nous retrouvons donc quelques mondes des chefs-d’œuvre de Walt Disney. Au programme : la Belle et le Bête, Alice au pays des merveilles, Peter Pan, ou encore Aladin vous inviterons chez eux. Niveau réalisation, les mondes sont superbement réalisés. La petite DS est poussée dans ses derniers retranchements sans aucun ralentissement à la clé. Les scènes utilisant le moteur de la Playstation 2 crèvent l’écran. Il en va de même pour l’animation ou encore la fluidité de combat. Les programmeurs ont fait un travail exemplaire et cela fait plaisir à voir sur une console de cette puissance. Il reste tout de même que voir cet univers sur une console HD ne peut que nous faire rêver.
L’ambiance musicale est également intacte. Vous retrouverez avec bonheur les thèmes de la série ou encore de Disney. Tout est là pour nous replonger comme il se doit dans cet univers si particulier.
Ce dernier point est également ce que l’on peut reprocher à 358/2 Days. L’intrigue se place entre deux épisodes bien définis et n’apporte finalement que peu de choses dans la saga. Les héros de Disney ne font que quelques apparitions sans importance et les personnages de Final Fantasy sont inexistants. Le design des mondes ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux de Kingdom Hearts II. Pour continuer sur les bémols, nous pouvons parler du côté répétitif des missions, du contraste entre l’ambiance bon enfant de l’amitié de Roxas, Xion et Axel et les réels desseins de l’organisation XIII. Bref, le tableau n’est pas tout rose, il fallait que ce soit clair.
Avec Kingdom Hearts : 358/2 Days, SquareEnix nous sert un Action-RPG convaincant sur DS. Une réalisation exemplaire et un système de combat à la hauteur de la série rattrape l’ennui des missions ou encore la longue mise en place du scénario. Si cet épisode ne s’avère pas indispensable, il marque tout de même une bonne transition entre le premier et le deuxième Kingdom Hearts, un peu comme Chain of Memories en son temps. De quoi nous faire patienter en attendant la suite.