Sim City, un nom connu de tous les amateurs de jeu de gestion urbaine. Créé par Will Wright (The Sims, Spore et … c’est tout), il proposait aux joueurs de façonner un village, une ville, une mégalopole à son image. Dans la quête du « toujours plus », MonteCristo et Focus nous arrivent là avec un tout nouveau concept mêlant incarnation d’un maire et jeu communautaire forcément massivement multijoueurs, oui, communautaire donc… Après deux longues années d’attente pour les puristes, le voici enfin, en chair, en zéro et en un pour notre plus grand plaisir.
Le communautaire avant tout?
Finies les parties mollassonnes, seul derrière son écran d’ordinateur à rêvasser sur le comment remplir les caisses de sa ville pour acheter un gymnase, car les habitants du Nord de ma ville n’en ont pas, au lieu de faire ses devoirs après les cours. Aujourd’hui, on peut rêvasser à plusieurs grâce au mode Planète. Partant d’un système simple comme bonjour, mais terriblement efficace, il permet aux joueurs d’un même serveur de s’échanger les provisions produites en trop par sa propre ville. Non seulement cela évite le gâchis, mais en plus cela permet de renflouer des caisses qui ont tendance à s’assécher un brin rapidement si vous voulez aller plus vite que la musique. Le tout se situe via une interface sous forme de tableaux fort pratiques et simples d’accès pour une ergonomie à toute épreuve. Besoin de manufacture? Pas de problème, cliquez sur la case correspondante et vous vous retrouverez avec tous les joueurs proposant un contrat afin de vendre leurs manufactures en trop-plein. À vous, ensuite, de signer le bon contrat au bon moment afin de perdre le moins d’argent possible et pourquoi pas, en gagner.
On veut de l’argent! De l’argent! De l’argent!
Justement, gagner de l’argent, le rêve de tout bon maire, même les mauvais, mais également le cauchemar. Une ville sans argent deviendra rapidement une ville fantôme avec une dette tellement colossale que le Game Over viendra de soi-même en effaçant puis en recommençant. Qui a dit qu’on parlait en connaissance de cause? En cas de coup dur, un seul mot d’ordre : les impôts. Un mot à faire grincer des dents et à hérisser les poils, mais en tant que maire, si les entreprises que l’on a construites ne sont pas rentables, il faut être sans pitié quitte à laisser partir quelques centaines d’habitants. Soyez donc juste, car une population heureuse est une population qui travaille, consomme et paye le moins d’impôts possible. Mais parfois, même des impôts au maximum de la légalité pour les habitants et les entreprises ne suffisent pas et il faut employer les gros moyens, prendre rendez-vous avec son banquier afin que ce dernier nous accorde un prêt. Aaahh malheur, le cercle vicieux par excellence, un prêt, très utile pour faire ce dont on a besoin puis vient le moment de rembourser. Catastrophe, on ne peut pas, on s’endette donc encore plus et on en reprend un au-dessus et ainsi de suite jusqu’à épuiser nos trois prêts de 100 000, 500 000 et 1 000 000. Puis, retour à la case départ, Game Over.
Vous avez dit Gestion?
Outre la gestion de l’argent, toujours périlleuse, pratiquement tout ce que l’on peut penser est gérable et est catégorisé sous cinq parties : la Population, la Satisfaction, l’Économie, le Cadre de Vie et les Ressources. La branche Population enveloppe la densité, le niveau de richesse, mais également le lieu où habitent les différentes classes sociales. Finie la disposition obligatoire en zone, Cities XL vous permet de placer chaque maison là où vous le voulez précisément afin de mélanger toutes vos classes et ainsi donnez à un manager un simple travailleur comme voisin. La Satisfaction regroupe non seulement la satisfaction de vos habitants en tant que telle, mais également leur satisfaction envers chaque groupe de bâtiment spécial. Vous pourrez donc savoir en l’espace d’un clic s’ils sont heureux du travail de la police ou s’ils aiment le nouveau bowling au coin de la rue. L’Économie doit avoir une place importante dans votre esprit, surtout parce qu’elle comprend le nombre d’habitants employés ou à la recherche d’un travail, le nombre de postes vacants au sein des entreprises, mais également d’un point de vue routier avec le niveau du trafic sur chaque route, avenue ou boulevard, le passage des camions transportant les ressources et celui des bus. Pour finir, car inutile de s’attarder sur la section ressources si ce n’est qu’elle en comprend quinze du pétrole à l’agroalimentaire, le Cadre de vie prend une place prépondérante dans le jeu. À chaque instant, avant de construire une entreprise, prenez le temps de savoir si la pollution dégagée par cette dernière ne va pas affecter les habitants vivant à proximité, ou si l’aéroport est à une distance acceptable pour éviter un autre type de pollution :la sonore. De plus, loin des tableaux avec des graphiques et des chiffres rébarbatifs que vous vous imaginiez déjà, tout est codé en couleur pour une totale simplicité de compréhension qui fera plaisir à notre cerveau déjà endolori par le mal de crâne l’envahissant, car il ne sait pas où placer le luxueux hôtel qu’il vient de commander. La misère des riches !
Quelques données
Drôle de casse-tête, donc, pour choisir ses habitats puisque vous pourrez compter avec 550 bâtiments d’origines américaines, européennes et asiatiques. Mais il faut savoir les placer. Pour cela, 25 cartes vous seront proposées allant du désert aride à l’île tropicale. Chaque terrain possède ses qualités, mais également ses défauts surtout en termes de ressources, ce qui appuie l’obligation de partager et de recevoir avec la communauté que nous qualifierons de très sympathique. Pour les habitants, quatre classes sociales sont proposées avec, par ordre d’écriture leur niveau de richesse : les Travailleurs, les Cadres, les Managers et les Élites. Sachez que vous aurez besoin de tout le monde donc inutile de comploter pour une ville avec un effectif cent pour cent Élite. Réfléchissez, ce ne seront pas eux qui iront travailler à l’usine pour fournir de l’acier ou du pétrole.
Création d’avatar et d’immeuble
N’ayant que quelques options primaires loin des folies d’un Sims 3, la conception d’avatar n’en reste pas moins intéressante afin de concevoir un maire à votre image. Mais le principal attrait de ce paragraphe création est, ce que les développeurs appellent : le Blueprint. Le Blueprint, qu’est-ce que c’est? Le Blueprint est le plan initial qui vous permettra de construire un bâtiment spécial, appelé Mégastructure, lui-même inspiré d’un monument réel (l’Empire State Building ou la cathédrale Notre- Dame de Paris, par exemple). Ainsi, dès que vous posez un Blueprint dans votre ville, il se transforme aussitôt en Mégastructure. Chacune d’elle a ses caractéristiques propres; une fois construite, elle influencera votre ville à différents niveaux. Certaines Mégastructures vont augmenter l’attractivité touristique de votre ville, d’autres vont influencer la circulation routière.
Que dire de plus pour ce très bon Cities XL? La puissance du zoom qui a fait tomber tant de langues est bien au rendez-vous, les graphismes sont très jolis, le tutorial se déroule comme un stage de fin d’année d’université et le plaisir en jouant frappe à notre porte. Un achat certain pour quiconque aime le genre malgré un abonnement mensuel, certes à bas prix, mais bien présent, qui permettra aux abonnés de profiter de quelques exclusivités comme des packs contenant encore plus de possibilités. Si la communauté suit, ce jeu est promis à un grand avenir.