Test :: The Last Remnant

The Last Remnant

Y en aura-t-il un autre ?

Écrit par Rédaction Game-Focus

Publié le vendredi 5 décembre 2008 19:00

Écrivez votre critique !

C’est incroyable comme les temps changent.  Il n’y a pas si longtemps, les jeux de rôles étaient l’apanage de la marque PlayStation.  Or, depuis le lancement des consoles de nouvelle génération, c’est sur la Xbox 360 que cela se passe et, pour ajouter l’insulte à l’injure, le monstre sacré «Square Enix» se permet même d’y lancer des exclusivités.  C’est donc avec une anticipation non contenue que nous nous sommes procurés The Last Remnant afin de vous faire part de notre appréciation.  Saura-t-il nous satisfaire avant l’arrivée de Final Fantasy ?  Lisez la suite pour le savoir.

D’entrée de jeu, nous devons absolument vous parler du boîtier.  Pourquoi ?  Parce qu’il est sublime, tout simplement.  Que ce soit par la présentation métallisée de la jaquette ou encore par la qualité du papier glacé du manuel de jeu, une chose transpire : la grande classe de Square Enix.  En effet, depuis quelques mois déjà, les diverses compagnies ont commencé à «couper dans le gras» avec des manuels de 10-12 pages en noir et blanc.  Square Enix remet les pendules à l’heure avec plus de 35 pages de papier glacé, en couleur, agrémenté d’un graphisme inspiré.  Ça augure bien pour la suite.  Oui, Square sait comment faire pour nous plaire.

Une fois le premier disque inséré dans la console (le titre tient sur deux galettes), une première surprise nous attend.  En effet, contrairement à leur habitude, les programmeurs de Square Enix utilisent directement le moteur de jeu pour présenter les séquences scriptées au lieu des traditionnelles cinématiques hyper léchées auxquelles nous sommes habitués.  Malgré tout, le moteur Unreal 3 fait bien le travail et nous entrons rapidement dans le vif du sujet.

Vous incarnez Rush Sykes, un jeune mitra de 18 ans qui part à la recherche de sa sœur Irina,  mystérieusement kidnappée par un groupe de soldats malintentionnés.  Celle-ci posséderait certains pouvoirs mystérieux en lien avec les Remnants, de puissants artéfacts dissimulés partout dans le monde.  Les Remnants sont vénérés par plusieurs alors que d’autres les craignent en raison de leurs pouvoirs fabuleux qui influent sur l’équilibre des forces. Vos recherches pour retrouver votre sœur feront en sorte que vous croiserez la route de différentes factions qui désirent s’accaparer le pouvoir des Remnants afin de régner en maîtres sur le monde.

Bien que le scénario soit plutôt classique et  qu’il vous entraîne, une fois de plus, sur la confrontation entre le bien et le mal, il a au moins le mérite de nous titiller à plusieurs niveaux.  Qui est ce mystérieux groupe ?  Quels sont les pouvoirs d’Irina ?  Mes alliés ont-ils d’autres intérêts que celui de m’aider à trouver ma sœur ?  Voilà le genre de questions que vous vous poserez tout au long de l’aventure.

Malheureusement pour nous, le jeu souffre d’un manque flagrant de  dynamisme.  En effet, The Last Remant a le don de nous intrigué, mais le tout tombe à plat en raison des périodes de chargements continuelles. Chargement des données de jeu, chargement des phases scriptées, chargement du menu, chargement des environnements, chargement des phases de combats, chargement de la carte, ça charge continuellement et ce, à toutes les 3-4 minutes!  Ce n’est jamais très long (3 à 15 secondes), mais il demeure que les chargements sont si nombreux que l’on décroche inévitablement et que l’intérêt n’y est plus vraiment.  Dommage.

Ça ne serait peut-être pas si grave si les phases de combats étaient un peu plus intéressantes.  En effet, les programmeurs ont misé sur un système de combat inutilement complexe afin de réinventer le traditionnel «tour par tour».  On vous explique.

Les monstres sont affichés à l’écran.  Lorsque vous vous approchez d’eux, il est possible de lancer l’attaque en appuyant sur la gâchette droite afin de bénéficier d’un avantage.  Jusque là, ça va.  Un chargement s’ensuit, naturellement, et la phase au tour par tour débute.  Vous donnez des ordres à vos groupes de combattants, appelés «Unions», et l’attaque débute. 

Alors que vos guerriers s’activent, une jauge représentant le «moral» se déplace dans le haut de l’écran.  Si les choses vont bien, le moral est haut et vous infligez plus de dégâts, par contre, si l’ennemi semble prendre l’avantage, vos attaques sont moins performantes et, par le fait même, vous subirez plus de dégâts lorsque les adversaires attaqueront.  De plus, toujours lors de votre phase d’attaque, il arrive qu’une «Touche Chanceuse» puisse être activée.  Pour cela, le jeu vous indique la touche à actionner et, si vous êtes suffisamment synchronisé dans le temps, vous déclenchez une attaque massive sur l’ennemi.  Une fois votre tour terminé, les «Unions» adverses attaquent à leur tour et le tout s’enchaîne jusqu’à ce qu’un côté l’emporte.

Bien qu’intéressant en principe, ce système est pour le moins bordélique.  En effet, la caméra bouge constamment afin de suivre vos combattants et vous serez tentés de regarder ce qui se passe afin de profiter des effets spéciaux.  De plus, vous  jetterez un œil sur la jauge du moral et vous oublierez de vous concentrer sur la «Touche Chanceuse» qui POURRAIT apparaître à un moment donné.  Vous aurez beau tenter de vous faire une raison, vous n’y arriverez probablement pas.  Vous ne pourrez pas tout voir en même temps et, compte tenu des mouvements de la caméra, vous risquez même d’avoir un peu mal au cœur!  C’est dommage mais on s’ennuie vraiment des systèmes plus traditionnels de Final Fantasy X ou Dragon Quest VIII. 

Comme si ce n’était pas suffisant, le jeu semble indécis quant au public ciblé.  Ainsi, il est beaucoup trop complexe pour les débutants tout en risquant de déplaire aux joueurs expérimentés.  En effet, les personnages montent en niveau automatiquement, sans que vous ayez vraiment besoin de vous soucier d’attribuer de nouvelles capacités à ceux-ci.  De plus, suite aux combats, il n’est pas nécessaire de guérir ou de ressusciter vos combattants puisque tout cela se fait automatiquement et ce, même si vous n’avez rien qui vous permette de le faire dans votre inventaire...  Les créateurs lancent bien certaines idées plus complexes ici et là mais, pour être tout à fait franc, on s’en fiche un peu puisque cela coupe encore plus notre immersion dans la quête principale.

Prenez l’exemple de la guilde.  À cet endroit, il vous est possible de prendre connaissance des quêtes offertes par celle-ci.  Malheureusement, cela se limite à regarder ce qu’il faut faire et à venir valider nos réalisations un peu plus tard afin d’emmagasiner un peu plus d’or.  La plupart du temps, vous aurez réalisé celles-ci lors de la quête principale.  Certaines quêtes de la guilde sont carrément stupides.  Ainsi, une des premières quêtes à être offerte consiste à acheter des minéraux dans une boutique.  On s’empresse d’y aller, on dépense 900 pièces d’or et on revient à la guilde pour valider le tout et recevoir 1000 pièces.  Ridicule.  On est loin des chasses de Final Fantasy XII qui nous offraient un véritable challenge et des récompenses intéressantes.  Naturellement, les choses se complexifient avec le temps mais on comprend mal ce que les créateurs cherchaient avec ce système.  Voulaient-ils ajouter une couche au jeu  ou pister les débutants sur ce qui est parfois présent dans les jeux de rôle?  Difficile à dire.

C’est un peu la même chose en ce qui concerne les quêtes secondaires.  Bien qu’elles soient plus intéressantes que celles de la guilde, il n’en demeure pas moins que l’on a souvent l’impression qu’elles n’existent que pour réutiliser certains environnements.  Elles sont disponibles auprès de personnages non jouables qui se trouvent dans les tavernes et ont parfois le don de nous laisser perplexes.  Pour vous montrer à quel point le jeu est parfois étrange, laissez-nous vous expliquer deux quêtes secondaires. 

La première consistait à livrer une lettre dans un château abandonné.  L’endroit étant trop dangereux pour une damoiselle en détresse, nous nous sommes empressés de l’aider.  Une fois la quête acceptée, un chargement s’effectue (et oui, on n’en sort pas) et nous voilà dans le château que nous avions déjà visité dans la quête principale.  On avance de quelques pas, on trouve immédiatement le destinataire, on lui remet la lettre, le jeu effectue un autre chargement et hop, on est de retour dans la taverne pour recevoir notre récompense.  Tout cela ne prend que 2 minutes et on n’a rencontré aucun monstre ou brigand.  Pourtant le château est vaste et comprend deux étages.  Pourquoi les créateurs n’ont-ils pas placé le pauvre bougre un peu plus loin afin de rentabiliser notre visite?  On se questionne.

 Le deuxième exemple est dans la même veine.  On parle avec une boutiquière qui nous demande de la retrouver dans la taverne ou elle nous demandera un service.  On acceptera, bien entendu et un chargement s’ensuivra.  On revisitera une grotte pour la troisième fois, on reviendra à la taverne (après un autre !*&?% de chargement) et la boutiquière nous invitera à passer à sa boutique.  Pour ce faire, il faudra aller dans la carte, ce qui suppose un autre chargement (!), pour ensuite choisir la section de la ville ou se trouve la boutique…ce qui déclenchera un chargement (!!) et hop, on retrouvera la boutiquière à son échoppe.  Tout ça pour se faire dire qu’il est possible de modifier notre armement mais que nous n’avons pas ce qu’il faut en ce moment.  TRÈS FRUSTRANT.

Bon. Et les graphismes dans tout ça.  Le moteur Unreal 3 tient-il la route ?  Oui et non.  En effet, bien que les différents environnements soient assez bien modélisés avec des textures bien rendues, on ne peut que constater l’inexpérience des créateurs de Square Enix avec cette bête technologique.  Le moteur souffre de plusieurs ralentissements lors des combats et ce, même si la quantité de combattants n’est pas très grande.  Quand on pense à ce que le premier Gears of War offrait comme qualité graphique il y a plus d’un an, on sourcille un peu en voyant les saccades à l’écran.  De plus, comme si ce n’était pas suffisant, on remarque régulièrement des ajustements au niveau des textures sur les personnages ou les bâtiments qui nous entourent.  Ainsi, celles-ci sont floues, au départ, pour ensuite se préciser au bout de 2 ou 3 secondes, comme si la console n’était pas en mesure de tout afficher dès l’apparition de l’image.  Cela n’est certes pas dramatique, mais il n’en demeure pas moins que c’est inhabituel pour un jeu de Square Enix.  Décevant.

L’aspect sonore est probablement l’une des plus grandes forces du titre, même si ce n’est pas le Pérou pour autant.  La trame musicale est plutôt variée, avec des orchestrations classiques dans les menus et les villes, alors que la guitare électrique n’hésite pas à rugir dans les phases d’explorations et de combats.  Le tout est de bon ton et sert bien le jeu.  De plus, les acteurs et actrices qui ont prêté leur voix aux différents personnages font un boulot plus qu’acceptable, même s’ils ne gagneront pas de prix pour leurs performances.  Malheureusement, les bruitages ne sont pas aussi précis qu’on le voudrait.  Ils sont certes fonctionnels, mais il n’en demeure pas moins qu’ils ont une sonorité un peu trop «studio» pour nous plaire et favoriser notre immersion.

En ce qui concerne la durée de vie, ne soyez pas inquiets.  The Last Remnant offre plusieurs quêtes secondaires, des possibilités de personnalisations d’armes et de nombreux dialogues qui vous occuperont un bon bout de temps…si vous êtes assez patients.  Malheureusement, les différents problèmes et incongruités mentionnés un peu plus tôt risquent d’en décourager plus d’un.

En conclusion, The Last Remnant est un titre ambitieux qui ne livre pas la marchandise.   Son système de combat est inutilement complexe et le moteur de jeu est pour le moins inconstant.  Malgré son histoire intéressante et les nouveautés apportés, les nombreux chargements font en sorte que notre intérêt vacille alors que les systèmes de guilde et de quêtes secondaires ne font qu’accentuer notre impression d’un manque de vision en ce qui concerne le public cible.  Avec la quantité d’excellents jeux disponibles en cette saison, The Last Remnant ne méritent pas de se retrouver sur la liste des incontournables.  Il saura distraire les amateurs du genre pendant quelques heures mais ils s’en lasseront rapidement en raison des nombreux problèmes et incohérences rencontrés.  Si l’on dit qu’il ne faut jamais juger d’un livre par la qualité de sa couverture, il en va de même avec les jeux vidéo. 

Une location s’impose avant de prendre une décision quant à l’achat ou non de ce titre.  Vous voilà avertis…
Pour
Histoire intéressante Les acteurs font un boulot honnête au niveau des voix Tente de réinventer les combats au tour par tour
Contre
Chargements beaucoup trop nombreux Le moteur de jeu n’est pas exploité correctement Le système de combats est inutilement complexe et ennuyant Les quêtes secondaires et le système de guilde nous laissent perplexes On se lasse vite en raison des problèmes et incohérences

Score final
6.5 / 10
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Détails sur le jeu
The Last Remnant
Date de sortie : 2008-11-28
Console :
Éditeur : Square Enix
Développeur : Square Enix
Genre : Jeu de rôle (RPG)

À l'affiche sur GF TV

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