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 Nom: Unavowed

Plateforme 

Éditeur: Wadjet Eye Games

Développeur: Wadjet Eye Games

Prix: CDN$ 16.99 (Steam)

Type: Point & Click

Date de sortie: 8 août 2018 (Steam)


Dave Gilbert, via son studio Wadjet Eye Games, fait partie des acteurs qui ont redonné ses lettres de noblesse au jeu d'aventure sinistré durant les années 2000. En tant que développeur d'abord avec l'excellente série des Blackwell mais aussi en tant qu'éditeur avec d'excellents titres comme Geminie Rue, Technobabylon ou encore Primordia. Leur dernier titre en date, Unavowed, partage son univers avec celui des jeux Blackwell et est d'ores et déjà

du studio. Est-ce mérité? Voyons ça ensemble.

 

 

Le jeu nous donne le contrôle d'un personnage au moment de son exorcisme par deux membres des Unavowed, une organisation plusieurs fois millénaire ayant pour objectif de lutter contre le supernaturel. On découvrira très vite que le démon qui nous a possédé (et qui est parvenu à s'enfuir) a été très occupé durant la possession de notre corps. On se retrouve accusé de multiple meurtres et indirectement à l'origine de l'agitation supernaturelle inhabituelle dans les rues de New-York. C'est tout naturellement

En plus de se dérouler dans le même univers, Unavowed partage aussi beaucoup de qualités avec la série Blackwell. On voyage dans les différents quartiers de New York (Chinatown, Wall Street, Brooklynn ou encore Staten Island) qui baignent tous dans une ambiance mélancolique et crépusculaire des plus réussies. Cette réussite doit beaucoup à l'aspect visuel avec des tableaux magnifiques alternant des nuances de couleurs chaudes et des registres plus sombres. À l'instar de la série Blackwell, l'ambiance de film noir est très bien retranscrite et ce n'est pas les musiques de Thomas Regin qui vont gâcher la fête avec des partitions jazzy qui renforcent encore plus l'immersion. 

 

 

Avant de commencer l'aventure, le joueur devra choisir le genre de son personnage ainsi que son métier (acteur, policier ou barman). Le choix du genre n'a que peu d'impact mais selon le passif sélectionné la scène du prologue ne sera pas la même et certains choix de dialogues spécifiques seront disponibles qui pourront même faciliter certaines énigmes durant l'aventure. La structure du jeu est divisée assez classiquement entre un niveau, une transition dans les quartiers des Unavowed, puis une nouvelle mission dans un nouveau lieu. Il sera possible de choisir l'ordre dans lequel seront accomplis certaines missions mais l'ensemble reste assez linéaire.

La vraie bouffée de fraîcheur vient dans la diversité de résolution des énigmes. On devra sélectionner deux compagnons (au nombre de 4) au début de chaque mission pour nous accompagner et chacun possède des capacités propres. Mandana est un détecteur de mensonge ambulant et pourra utiliser son épée et son agilité pour débloquer des portes et atteindre des endroits autrement inaccessibles. La policière Vicky connaît tous les flics du coin et pourra faciliter nos relations avec eux. Le medium Logan parle aux morts, ce qui est très utile pour connaître les détails autour d'un meurtre en s'adressant aux victimes. Enfin, le mage de feu Eli peut...brûler des trucs. Il sera toujours possible d'avancer dans le jeu peu importe les alliés que vous avez choisis pour un niveau. Enfin, à chaque fin de mission, il faudra faire un choix important qui aura des répercussions pour la suite du jeu.

 

 

Le jeu se rapproche donc plus d'une expérience narrative avec des embranchements différents à la David Cage et une galerie de personnages tous plus attachant les uns que les autres, le tout servi par une écriture de qualité de la part de Dave Gilbert. C'est le moment parfait pour évoquer la difficulté. Il est possible de mourir dans le jeu mais la scène est réinitialisée immédiatement avant le choix funeste donc il n'y a pas vraiment de conséquences pour le joueur. De plus, les énigmes sont globalement assez simples (mais ne manquent pas d'intérêt pour autant notamment avec le passage dans le monde des esprits) et ne poseront aucun problème aux amateurs de jeux d'aventures.

On peut également se poser la question de l'intérêt de la rejouabilité de Unavowed (un argument mis en avant dans la promotion du jeu) qui demeure malgré tout assez linéaire dans sa structure globale. S'il y a différentes fins déblocables, elles sont toutes provoquées par des actions réalisées dans le dernier tableau, brisant l'illusion de choix et de conséquences.

De plus, si les tableaux sont visuellement magnifiques, ça se corse au niveau des animations. Il suffit de voir un personnage se déplacer (le sprite du personnage qui ne se met pas à l'échelle quand il s'éloigne dans un écran) ou effectuer des actions spécifiques pour réellement sentir qu'on a bien affaire à une production indépendante avec des moyens limités.

Enfin, si l'écriture des personnages est satisfaisante, l'histoire est un peu convenue et on regrette que le folklore et les créatures mises en avant manquent un peu de cohérence et d'originalité. Ah et il faudra bien maîtriser la langue de Shakespeare pour profiter du jeu car aucune traduction française n'est prévue pour le moment.

 

 

Conclusion

Unavowed est un jeu d'aventure plein de charmes, disposant d'une ambiance mélancolique et d'une galerie de personnages hauts en couleurs aidés par une écriture léchée. Il s'adresse en fait plus aux amateurs de jeux narratifs qu'aux fans cherchant un challenge avec des énigmes tordues à résoudre. Le jeu propose une progression variée avec des compagnons permettant de résoudre les énigmes différemment mais se prends les pieds dans le tapis avec une rejouabilité pas vraiment évidente au vue de la linéarité globale du titre et le côté très ''mécanique'' des choix et de leurs conséquences. Enfin, d'un point de vue technique le bilan est en demie-teinte avec des animations d'un autre âge.

 

 

+ Visuellement magnifique...

+ L'écriture des personnages

+ L'ambiance musicale

+ La diversité dans l'appréhension des énigmes

 - ....quand ça ne bouge pas

 - Le scénario convenu

 - Un mélange improbable de mythes et légendes peu convaincant

- Le manque de rejouabilité au final

- Un peu facile pour les fans du genre

 

 

 

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