Il existe des jeux vidéo qui cherchent désespérément à impressionner. Ils empilent les effets spéciaux, les explosions et les systèmes compliqués jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien où donner de la manette.
Et puis il y a Marsupilami 2 – Salsa Palombia.
Lui préfère vous tendre une banane, vous faire bondir dans une jungle colorée et vous lancer sur la piste d’une Reine Momie qui a décidé de transformer toute la Palombie en piste de danse.
Sur papier, cela semble surtout destiné aux jeunes joueurs. Pourtant, manette en main, quelque chose d’assez intéressant se produit : les enfants peuvent y voir une aventure amusante et accessible, tandis que les joueurs plus âgés peuvent retrouver cette sensation très particulière des jeux de plateforme où l’objectif était simplement de courir, sauter, découvrir des secrets et recommencer un niveau pour améliorer son parcours.
Et franchement, ça fait du bien.
Fiche technique
Titre : Marsupilami 2 – Salsa Palombia
Développeur : Ocellus Studio / Ocellus Services
Éditeur : Microids
Genre : Plateforme / Action / Aventure
Date de sortie : 3 septembre 2026
Plateformes : Nintendo Switch, PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC
Joueurs : 1 à 2 joueurs en coopération locale
Prix : environ 39,99 $ CAD sur Nintendo Switch et PS5; 43,99 $ CAD sur Xbox Series X|S selon les boutiques canadiennes consultées.
Classification : familiale, avec légère violence fantastique
Le jeu propose également une démo sur plusieurs plateformes, ce qui est une excellente façon de vérifier si le style vous convient avant de sortir le portefeuille.
Une histoire complètement banane… et c’est parfait
La Palombie est plongée dans le chaos.
Une mystérieuse mélodie envahit la région et transforme les animaux en danseurs incontrôlables. Derrière cette catastrophe musicale se trouve la Reine Momie, revenue d'entre les morts avec ses sbires afin de lancer un concert maudit capable de faire danser toute la jungle jusqu’au bout de la nuit.
Oui.
C'est complètement absurde.
Et c’est précisément pour cette raison que ça fonctionne.
Les plus jeunes pourront suivre l’histoire sans avoir besoin de consulter un dictionnaire de science-fiction entre deux niveaux. Les adultes, eux, pourront apprécier cette ambiance de bande dessinée complètement assumée.
Le scénario n’est évidemment pas là pour décrocher un prix littéraire. Il sert plutôt de prétexte pour nous emmener d’un environnement à l’autre, avec suffisamment de personnalité pour donner envie de découvrir ce qui se cache derrière le prochain niveau.
Et parfois, un jeu n’a pas besoin de vous raconter la naissance de l’univers pour être divertissant.
Trois Marsupilamis, trois façons de jouer
L'une des bonnes idées de Salsa Palombia est de ne pas limiter le joueur à un seul personnage.
Twister, Punch et Hope possèdent chacun leurs propres capacités. Il faut donc apprendre à changer de Marsupilami selon la situation.
Un personnage pourra vous aider à atteindre une plateforme éloignée, un autre à frapper certains obstacles ou ennemis, tandis qu’un troisième pourra permettre d’accéder à certaines zones cachées.
Cette mécanique reste suffisamment simple pour être comprise rapidement par un jeune joueur.
Mais elle possède aussi une petite profondeur supplémentaire pour les joueurs plus expérimentés.
Parce qu’une fois qu’on comprend les possibilités offertes par les trois personnages, on commence naturellement à chercher comment optimiser ses déplacements.
Et c’est là que le jeu commence à révéler une deuxième couche.
Le premier joueur veut simplement terminer le niveau.
Le second veut trouver tous les secrets.
Le troisième veut terminer le niveau sans perdre une vie.
Et le quatrième veut probablement battre son propre chrono.
Bienvenue dans la spirale infernale du « juste une dernière fois ».
Un platformer qui comprend la différence entre jouer et travailler
Marsupilami 2 ne cherche pas à réinventer le jeu de plateforme.
Et heureusement.
On retrouve les ingrédients classiques du genre : courir, sauter, esquiver, attaquer, explorer et découvrir des passages secrets.
Le plaisir vient principalement de l’enchaînement des actions.
Un saut.
Une attaque.
Une plateforme.
Un ennemi.
Un autre saut.
Puis une petite zone cachée qu’on aperçoit du coin de l’écran.
Et soudain, notre cerveau de joueur adulte murmure :
« Attends… je peux sûrement atteindre ça. »
C’est probablement l’un des meilleurs compliments que l’on puisse faire à un jeu de plateforme.
Il donne envie d’explorer.
La difficulté : un pont entre générations
C’est ici que le jeu peut particulièrement fonctionner dans une famille.
Un jeune joueur pourra profiter d’une progression relativement accessible, apprendre les mécaniques progressivement et découvrir le plaisir de réussir un passage qui lui semblait difficile quelques minutes auparavant.
Le joueur plus expérimenté, lui, pourra chercher les défis supplémentaires.
Les Dojos apportent justement une dose de challenge supplémentaire avec des épreuves, des défis chronométrés et des activités compétitives. Le jeu propose également un mode appelé Flow Mode, destiné notamment aux joueurs qui veulent tester leur rapidité et leur capacité à traverser les épreuves sans mourir.
C’est une excellente manière de faire évoluer l’expérience.
Le jeu peut être une promenade familiale…
Puis soudain devenir une petite machine à fabriquer des rivalités.
« J’ai fait mieux que toi. »
« Non. »
« Regarde le chrono. »
« Donne-moi la manette. »
Et voilà comment naissent les compétitions familiales les plus sérieuses depuis les championnats de Monopoly.
À deux, c’est encore meilleur
Le mode coopération locale à deux joueurs est probablement l’un des éléments les plus intéressants pour une famille.
Pas besoin de jouer chacun dans sa chambre avec un casque sur les oreilles.
On peut simplement prendre deux manettes et partir ensemble à l’aventure.
Le jeu permet de parcourir l’aventure à deux et propose également des défis compétitifs dans les Battle Dojos.
Pour un enfant, cela peut devenir une façon amusante de jouer avec un parent, un frère ou une sœur.
Pour un adulte, c’est aussi une excellente excuse pour ressortir cette vieille phrase que tous les joueurs ont déjà prononcée au moins une fois :
« Passe-moi la manette, je vais te montrer. »
Et cinq minutes plus tard, on rate le même saut.
Des graphismes qui respirent la bande dessinée
Visuellement, Marsupilami 2 joue clairement la carte de la couleur.
La jungle, les environnements urbains et les différents mondes possèdent une direction artistique très animée, avec des personnages expressifs et des décors qui cherchent davantage à évoquer une bande dessinée interactive qu’un univers réaliste.
Et c’est exactement ce qu’il fallait.
Le Marsupilami est un personnage qui fonctionne grâce à son énergie, ses mouvements et son design immédiatement reconnaissable.
Le rendre trop sérieux aurait été une catastrophe.
Le résultat est donc joyeux, lisible et particulièrement adapté à un écran partagé avec toute la famille.
Sur Nintendo Switch, le jeu occupe environ 4,7 Go, et il peut être joué en mode téléviseur, portable ou sur table.
Une bande-son qui donne envie de bouger
La musique joue évidemment un rôle important dans cette aventure.
Après tout, nous avons une Reine Momie qui veut transformer la Palombie en gigantesque piste de danse.
Le rythme accompagne donc naturellement les déplacements et l’ambiance générale.
Ce qui est particulièrement sympathique, c’est que la musique participe à l’identité du jeu sans chercher à devenir plus importante que le gameplay.
Elle accompagne l’action.
Elle donne de l’énergie.
Elle souligne les moments importants.
Et surtout, elle correspond parfaitement au côté légèrement déjanté de l’aventure.
Pour les enfants… mais pas uniquement
C’est probablement le point le plus important de cette critique.
Marsupilami 2 – Salsa Palombia n’est pas simplement un jeu pour enfants.
C’est un jeu familial.
La différence est importante.
Un jeu exclusivement destiné aux enfants risque souvent de perdre l’adulte qui se retrouve assis à côté.
Ici, les mécaniques de plateforme, les secrets, les défis chronométrés et les Dojos donnent suffisamment de matière aux joueurs plus expérimentés.
Pour les plus jeunes, l’aventure constitue une excellente introduction au genre.
Pour les adultes, elle peut rappeler une époque où un jeu de plateforme pouvait simplement être amusant sans vous demander de gérer 17 arbres de compétences, 42 statistiques et une économie mondiale.
Et pour les joueurs qui ont connu les anciennes aventures de plateforme, Salsa Palombia possède cette petite saveur rétro dans sa structure, même si sa présentation est résolument moderne.
Une aventure qui aurait peut-être pu être encore plus grande
Tout n’est cependant pas parfait.
Le principal défaut de Marsupilami 2 est peut-être justement son envie de rester simple.
Les quatre mondes proposés sont colorés et amusants, mais les joueurs qui recherchent une énorme aventure avec une durée de vie monumentale risquent de rester sur leur faim.
Le concept fonctionne très bien, mais on aurait aimé encore davantage de variété.
Plus de mondes.
Plus de boss.
Plus de surprises.
Plus de raisons de retourner en Palombie.
Heureusement, les défis supplémentaires et les niveaux cachés viennent donner un peu plus de profondeur à l’ensemble.
Durée de vie
La durée de vie dépend énormément de votre façon de jouer.
Si votre objectif est simplement de suivre l’aventure principale, l’expérience demeure relativement directe.
Mais si vous voulez fouiller les niveaux, trouver les zones cachées, réussir les défis, améliorer vos temps et explorer les différents Dojos, le jeu devient beaucoup plus intéressant.
C’est d’ailleurs là que Marsupilami 2 peut parler aux deux générations.
L’enfant cherche à terminer.
L’adulte cherche à perfectionner.
Et les deux peuvent jouer ensemble.
Focus Final
Marsupilami 2 – Salsa Palombia est finalement un peu comme une boîte de céréales un dimanche matin : coloré, amusant, facile à apprécier et étrangement capable de réveiller un souvenir d’enfance chez l’adulte qui pensait avoir grandi.
Il ne révolutionne pas le jeu de plateforme.
Il n’en a d’ailleurs pas besoin.
Son véritable objectif est beaucoup plus simple : faire jouer les gens ensemble.
Et sur ce point, il réussit particulièrement bien,
Les jeunes joueurs y trouveront des personnages attachants, des couleurs éclatantes, des niveaux accessibles et une aventure suffisamment drôle pour maintenir leur attention.
Les joueurs plus âgés y retrouveront une structure de plateforme classique, des secrets à découvrir, des défis à perfectionner et cette agréable sensation de vouloir recommencer un niveau uniquement pour faire mieux.
Le véritable coup de cœur pourrait cependant être le mode coopératif.
Parce qu’au fond, le meilleur souvenir que ce jeu puisse laisser n’est peut-être pas le moment où vous battez la Reine Momie.
C’est plutôt celui où votre enfant vous regarde après avoir réussi un passage difficile et vous lance :
« T’as vu ça? »
Et ça, aucune résolution 4K ne peut vraiment le remplacer.
Les trois points positifs
+ Une excellente approche familiale
Accessible aux jeunes joueurs, mais suffisamment intéressant pour les adultes.
+ Une plateforme dynamique et agréable
Les trois Marsupilamis et leurs capacités donnent une belle variété aux niveaux.
+ Le coop local à deux
Une excellente raison de jouer ensemble devant le même écran.
Points négatifs
− Une aventure qui aurait gagné à être plus longue
Les quatre mondes donnent parfois envie d’en avoir davantage.
− Une structure assez classique
Les joueurs cherchant une révolution du genre ne la trouveront pas ici.
− Une difficulté qui pourrait laisser les experts sur leur faim
Les Dojos et les défis compensent en partie, mais l’aventure principale reste avant tout pensée pour être accessible.
VERDICT GAME-FOCUS
Note M 8/10
Marsupilami 2 – Salsa Palombia ne cherche pas à devenir le nouveau roi absolu du jeu de plateforme.
Il cherche quelque chose de beaucoup plus sympathique : devenir le jeu auquel toute la famille a envie de jouer ensemble.
Mission accomplie.
Que vous soyez un enfant découvrant ses premiers grands sauts, un parent voulant partager une partie avec son jeune gamer ou un vieux routier ayant connu l’époque des jeux de plateforme où l’on recommençait le même niveau 47 fois pour comprendre comment atteindre une plateforme cachée, Salsa Palombia mérite qu’on lui donne une chance.
Préparez les manettes.
La jungle danse.