Fiche technique
Date de sortie : 3 septembre 2026
Développeur : Shapefarm
Éditeur : Kepler Interactive
Genre : Aventure, casse-tête, plateforme, science-fiction
Multijoueur : Oui, coopération à 2 joueurs obligatoire
Plateforme : Nintendo Switch 2
Prix : 53,49 $ CA
Mode de jeu : Coopération locale et en ligne
Durée approximative : Environ 6 à 8 heures selon le rythme des joueurs
Une aventure qui semble sortir d'une vieille cassette VHS
Il y a des jeux qui cherchent à impressionner avec leurs performances techniques. D'autres misent sur un monde gigantesque, des centaines de quêtes ou une carte tellement grande qu'on finit par avoir besoin d'un GPS.
Orbitals, développé par le studio japonais Shapefarm, prend une direction complètement différente.
Son objectif est beaucoup plus simple : nous donner l'impression d'être assis devant un vieil anime de science-fiction des années 80 ou 90, sauf que cette fois, c'est nous qui tenons la manette.
Et franchement, dès les premières minutes, la magie opère.
On suit Maki et Omura, deux jeunes explorateurs qui vivent dans une station spatiale menacée par une mystérieuse tempête cosmique. Leur maison est en danger et, pour tenter de la sauver, nos deux héros devront partir explorer l'inconnu, traverser des zones dangereuses et résoudre une série de problèmes qui nécessitent obligatoirement la coopération de deux joueurs.
Le concept n'est donc pas compliqué à comprendre. Mais comme souvent, ce sont les petits détails qui font toute la différence.
Deux joueurs, deux cerveaux et parfois deux façons de paniquer
Orbitals n'est pas un jeu que l'on peut véritablement apprécier seul.
La coopération est au cœur même de l'expérience. Il n'y a pas simplement un deuxième personnage qui court derrière nous pour faire joli. Maki et Omura possèdent leurs propres outils et doivent combiner leurs capacités afin de progresser.
Cela donne naissance à des casse-têtes où la communication devient aussi importante que les réflexes.
Un joueur peut devoir manipuler un élément pendant que l'autre se déplace dans le décor. À un autre moment, l'un devra utiliser son équipement pour permettre à son partenaire d'atteindre une zone inaccessible.
Et c'est là que le jeu devient particulièrement amusant.
Parce qu'un bon jeu coopératif ne devrait pas seulement demander aux deux joueurs d'être présents. Il devrait leur donner une raison de se parler.
Orbitals réussit généralement ce pari.
On se retrouve rapidement avec des discussions du genre :
« Attends, ne bouge pas! »
« Je pense que tu dois faire ça! »
« Non, non, NON! T'as déclenché le truc! »
Puis quelques secondes plus tard, les deux joueurs comprennent enfin la solution.
C'est exactement le genre de petites victoires qui rendent une aventure coop mémorable.
Le jeu utilise également une formule asymétrique, ce qui signifie que les deux personnages ne font pas nécessairement la même chose au même moment. Cette mécanique permet de renouveler régulièrement les situations et évite que la coopération se limite à avancer côte à côte en appuyant sur les mêmes boutons.
Une esthétique qui pourrait faire croire à une vieille VHS
Soyons honnêtes : la première chose qui frappe avec Orbitals, c'est son apparence.
Et quelle apparence!
Shapefarm a fait un travail remarquable pour reproduire l'atmosphère des productions animées japonaises rétro.
Les environnements possèdent une direction artistique très particulière, les personnages semblent parfois directement sortis d'une animation traditionnelle et les séquences cinématiques renforcent énormément cette impression.
Les cinématiques ont notamment été réalisées avec la collaboration de Studio Massket, tandis que le jeu tente de conserver cette identité visuelle pendant les séquences jouables.
Le résultat est assez spectaculaire.
On ne regarde pas simplement un jeu qui possède une esthétique « anime ».
Orbitals veut donner l'impression d'être un anime que l'on contrôle.
Les mouvements, les couleurs, les décors et même certaines imperfections volontairement conservées participent à cette illusion.
C'est particulièrement réussi lorsque l'on passe d'une scène cinématique à une séquence de gameplay. La transition ne donne pas l'impression de changer complètement de média.
On reste dans le même univers.
Et pour les joueurs qui ont grandi avec les vieux animés de science-fiction, l'effet nostalgique risque d'être particulièrement puissant.
Une galaxie qui manque parfois d'oxygène
Le gameplay est efficace, mais il faut comprendre ce qu'Orbitals cherche à accomplir.
On n'est pas devant un jeu d'action gigantesque avec une quantité astronomique de mécaniques.
Le titre préfère proposer différentes situations relativement courtes, où les deux joueurs doivent comprendre l'environnement, utiliser leurs outils et trouver la solution.
Cette structure fonctionne bien parce qu'elle empêche le jeu de s'enliser.
Une mécanique arrive.
On l'apprend.
On la maîtrise.
Puis le jeu passe à autre chose.
Cette approche permet également de conserver un bon rythme pendant une bonne partie de l'aventure.
Mais elle possède une faiblesse.
À certains moments, on peut avoir l'impression que Shapefarm aurait pu aller beaucoup plus loin.
Certaines idées sont excellentes, mais elles disparaissent avant d'avoir réellement atteint leur plein potentiel.
Le problème devient particulièrement visible vers la deuxième moitié de l'aventure, lorsque l'on commence à comprendre les ficelles du jeu.
Les casse-têtes restent agréables, mais la surprise diminue.
L'espace est magnifique, mais l'histoire aurait mérité plus de carburant
C'est probablement ici que mon enthousiasme ralentit légèrement.
L'univers d'Orbitals possède énormément de potentiel.
Une station spatiale en difficulté.
Une mystérieuse tempête cosmique.
Deux explorateurs.
Des créatures étranges.
Des installations abandonnées.
Une galaxie colorée inspirée de l'animation japonaise.
Il y avait de quoi construire une histoire beaucoup plus ambitieuse.
Malheureusement, le scénario donne parfois l'impression de simplement accompagner le gameplay plutôt que de véritablement le pousser.
Maki et Omura sont attachants et leur relation fonctionne bien, mais certains éléments de leur histoire auraient mérité davantage de temps pour être développés.
Plusieurs critiques ont d'ailleurs relevé cette faiblesse, notamment concernant la construction des motivations des personnages et une conclusion qui arrive relativement rapidement.
Ce n'est pas catastrophique.
L'histoire reste suffisamment sympathique pour nous donner envie d'avancer.
Mais lorsque les crédits apparaissent, on risque de se retrouver avec une petite pensée :
« Déjà? »
Et dans ce cas-ci, ce n'est pas nécessairement parce que le jeu est mauvais.
C'est plutôt parce que son univers donne envie d'en voir davantage.
Une bande-son qui fait voyager
La musique est un autre élément particulièrement réussi.
La bande-son accompagne parfaitement cette direction artistique rétro et renforce cette impression de regarder une production animée venue d'une autre époque.
Certaines compositions sont immédiatement mémorables et participent énormément à l'identité du jeu.
Le thème principal, notamment, possède cette capacité assez rare de rester dans la tête après avoir fermé la console.
Et c'est exactement ce qu'on demande à une bonne bande-son.
Les effets sonores fonctionnent également très bien et donnent suffisamment de personnalité aux environnements et aux différentes interactions.
Le doublage contribue lui aussi à rendre les personnages plus vivants. Le jeu propose notamment des voix en français, japonais et dans plusieurs autres langues.
Jouer à deux, c'est bien. Trouver le bon partenaire, c'est mieux.
Il faut toutefois parler d'un élément important avant de sortir la carte de crédit.
Orbitals est conçu pour deux joueurs.
Si vous cherchez une aventure à faire tranquillement seul dans votre salon, ce n'est clairement pas le bon candidat.
En revanche, si vous avez un conjoint, un ami, un enfant ou un partenaire de jeu avec qui vous aimez résoudre des casse-têtes, le concept prend beaucoup plus de sens.
Le jeu propose de la coopération locale ainsi que du jeu en ligne. Le Global Friend's Pass permet même à un ami de participer gratuitement à l'aventure complète lorsqu'il est invité par quelqu'un qui possède le jeu.
C'est une excellente idée pour un jeu dont l'expérience repose entièrement sur la coopération.
Et pour une famille, c'est probablement l'un des aspects les plus intéressants du concept.
Une aventure malheureusement trop courte
Voilà probablement la plus grosse faiblesse d'Orbitals.
La campagne tourne autour de six heures, avec des variations selon l'expérience des joueurs et leur vitesse à résoudre les casse-têtes. Certains tests ont terminé l'aventure autour de cette durée, tandis que d'autres approchent davantage les sept ou huit heures.
Personnellement, je préfère largement une aventure courte qui ne gaspille pas mon temps à une expérience de 40 heures remplie de contenu artificiel.
Mais ici, le problème est différent.
Orbitals donne envie de rester dans son univers.
On aimerait davantage de planètes.
Davantage de stations.
Davantage de créatures.
Davantage de casse-têtes.
Davantage de Maki et Omura.
Le jeu termine alors que son univers commence presque à prendre son envol.
C'est une frustration plutôt agréable, mais une frustration quand même.
Plaisant ou pas?
Orbitals est plaisant. Très plaisant même.
Mais il faut savoir ce que l'on achète.
Ce n'est pas un énorme blockbuster rempli de contenu.
Ce n'est pas non plus une révolution du jeu coopératif.
Son véritable argument de vente est beaucoup plus simple : une aventure coopérative relativement courte, très jolie, bourrée de charme et possédant une direction artistique exceptionnelle.
Les joueurs qui recherchent une expérience à partager avec quelqu'un devraient y trouver leur compte.
Ceux qui recherchent un scénario extrêmement profond ou une aventure particulièrement longue pourraient toutefois rester sur leur faim.
Et c'est probablement là que se trouve toute la personnalité d'Orbitals.
Il préfère être une belle petite aventure bien maîtrisée plutôt qu'un énorme buffet où l'on finit par manger les mêmes croustilles pendant 30 heures.
Focus Final
Orbitals est une jolie surprise de Shapefarm.
Le studio réussit surtout là où il voulait frapper : son univers visuel est magnifique, son ambiance rétro anime est extrêmement bien travaillée et sa formule coopérative fonctionne suffisamment bien pour provoquer plusieurs vrais moments de complicité entre les joueurs.
Les casse-têtes sont généralement bien pensés, les personnages sont attachants et la bande-son ajoute une couche supplémentaire de personnalité à l'ensemble.
Mais tout n'est pas parfait.
Le scénario manque parfois de profondeur, certaines mécaniques auraient mérité d'être davantage développées et la durée de vie laisse un petit goût de « revenez-nous avec une deuxième partie ».
Malgré cela, Orbitals possède quelque chose que beaucoup de jeux plus gros n'arrivent pas toujours à obtenir : une véritable identité.
On reconnaît immédiatement le jeu.
On sait quand on regarde une image d'Orbitals.
Et lorsqu'un jeu arrive à créer une signature visuelle aussi forte, c'est déjà une victoire importante.
Pour une soirée à deux, avec une manette dans chaque main et quelqu'un à côté de soi qui hurle « ATTENDS, TOUCHE PAS À ÇA! », l'aventure fonctionne particulièrement bien.
Et parfois, c'est exactement ce qu'on demande à un jeu vidéo.
Points positifs
+ Une direction artistique rétro anime absolument magnifique
+ Une coopération réellement intégrée au gameplay
+ Une excellente ambiance sonore et musicale
Points négatifs
- Une durée de vie relativement courte
- Une histoire qui aurait mérité davantage de développement
- Certaines mécaniques manquent parfois de profondeur
NOTE GAME-FOCUS
8/10
Orbitals est une petite aventure spatiale qui brille surtout lorsqu'on la partage avec quelqu'un. Elle n'atteint pas toujours les sommets du genre coopératif, mais son esthétique remarquable, son ambiance et son charme font rapidement oublier ses quelques turbulences.