PORT OF JUMANAH : Une plongée pleine de perles… et de bestioles qui veulent vous manger

FICHE TECHNIQUE

Date de sortie : 7 septembre 2026

Développeurs : Red Dunes Games et Agate

Éditeur : Red Dunes Games

Genre : Action, aventure, roguelite

Mode : Solo

Plateformes : PC, PlayStation 5

Prix : Environ 17 $ CA

PREMIÈRE PLONGÉE

Il existe deux catégories de plongeurs : ceux qui regardent l'océan en se disant que c'est magnifique et ceux qui se demandent immédiatement ce qui pourrait surgir des profondeurs pour leur arracher le visage.

Mansour appartient plutôt à la première catégorie.

Dans Port of Jumanah, on incarne ce jeune plongeur spécialisé dans la recherche de perles. Sa petite routine aurait probablement pu continuer tranquillement si une étrange palourde géante n'avait pas décidé de libérer plusieurs perles noires aux conséquences pour le moins désagréables.

À partir de là, l'océan commence à se comporter bizarrement. Les créatures deviennent agressives, les dangers se multiplient et Mansour se retrouve embarqué dans une aventure beaucoup plus importante que ce qu'il avait probablement prévu.

Et c'est précisément là que le jeu trouve son charme.

Plutôt que de nous envoyer sauver l'univers avec un héros surpuissant et une épée gigantesque, Port of Jumanah nous donne un plongeur qui semble parfois avoir découvert qu'il était devenu héros sans avoir rempli le formulaire de consentement.

L'histoire conserve constamment ce ton léger. L'univers possède pourtant une véritable identité culturelle, notamment à travers son inspiration liée aux traditions de pêche aux perles du golfe Arabo-Persique. Le résultat donne un décor qui change agréablement des mondes fantastiques habituels.

DEUXIÈME PLONGÉE

L'océan est votre donjon

Port of Jumanah fonctionne autour d'une structure roguelite.

On quitte le port, on plonge, on explore différentes zones, on affronte les créatures qui occupent les lieux, on récupère des ressources et des améliorations, puis on tente de revenir suffisamment en forme pour préparer la prochaine expédition.

La grande particularité vient de l'oxygène.

Ici, la barre d'oxygène n'est pas simplement une décoration qui rappelle que nous sommes sous l'eau. Elle impose une véritable pression au joueur. Plus on s'enfonce, plus chaque détour devient une décision.

Est-ce que je prends le temps d'explorer cette petite zone pour récupérer une ressource supplémentaire?

Est-ce que je fonce vers la sortie?

Est-ce que je tente encore un combat alors que mes réserves diminuent?

Cette mécanique toute simple transforme l'exploration en petite course contre la montre.

Le jeu ne cherche cependant pas à devenir un roguelite extrêmement complexe. On est davantage devant une expérience accessible, pensée pour des parties relativement courtes et faciles à reprendre.

C'est probablement l'une de ses plus grandes qualités.

TROISIÈME PLONGÉE

Quand les poissons deviennent des problèmes

Le système de combat est volontairement simple.

Mansour dispose de différentes armes et de gadgets qui permettent de varier légèrement son approche. Les combats reposent beaucoup sur le déplacement, l'esquive et le fameux dash, qui devient rapidement indispensable pour éviter certaines attaques.

Le plaisir vient surtout du rythme.

On entre dans une zone, on observe rapidement ce qui nous attend, on frappe, on esquive, on récupère quelques ressources et on poursuit notre chemin.

Ce n'est pas un système qui cherche à rivaliser avec les grands spécialistes du genre. Il préfère rester lisible et accessible.

Et franchement, c'est une bonne décision.

Port of Jumanah aurait facilement pu se noyer sous une tonne de statistiques, d'armes, de compétences et de systèmes secondaires. À la place, il reste relativement facile à comprendre.

Le problème, c'est que cette simplicité finit également par montrer ses limites.

Après plusieurs expéditions, on aurait aimé avoir davantage de possibilités pour construire des styles de jeu réellement différents. Les armes et les améliorations offrent de la variété, mais pas suffisamment pour donner l'impression de reconstruire complètement son personnage à chaque nouvelle partie.

Le jeu garde donc une certaine fraîcheur, mais celle-ci peut commencer à s'essouffler chez les joueurs qui recherchent une profondeur roguelite plus importante.

QUATRIÈME PLONGÉE

Un port qui prend vie

Entre deux plongées, Mansour retourne au port.

Et c'est là que Port of Jumanah ajoute une autre dimension à sa formule.

Le village sert de véritable point de retour. On y rencontre différents personnages, on débloque de nouveaux alliés, on améliore certaines installations et on prépare les prochaines expéditions.

L'équipage est particulièrement sympathique.

On peut recruter différents personnages qui nous accompagnent dans nos aventures. Chacun ajoute sa petite touche à l'expérience et contribue à donner davantage de personnalité au monde.

Même le chat a son mot à dire.

Enfin… probablement.

Dans un jeu qui aurait pu devenir une simple succession de petites salles à nettoyer, ces moments au port donnent une respiration bienvenue.

Le contraste fonctionne bien : sous l'eau, on surveille notre oxygène et on essaie de ne pas se faire transformer en nourriture pour poissons; à la surface, on discute avec une bande de personnages qui semblent avoir accepté depuis longtemps que leur quotidien soit complètement absurde.

CINQUIÈME PLONGÉE

Une direction artistique qui remonte à la surface

Visuellement, Port of Jumanah possède une personnalité immédiatement reconnaissable.

Le jeu utilise une esthétique 2.5D colorée, avec des personnages attachants et un monde volontairement chaleureux. Les couleurs et les environnements permettent au jeu de conserver une ambiance légère malgré les dangers qui nous attendent.

Le contraste entre les profondeurs marines et le port fonctionne particulièrement bien.

On passe d'un environnement sous-marin rempli de créatures et de trésors à un petit village beaucoup plus vivant et chaleureux.

Ce n'est pas techniquement le jeu qui va faire exploser votre téléviseur en démonstration graphique.

Et ce n'est pas grave.

La direction artistique mise davantage sur le charme que sur la puissance brute. Les animations ne sont d'ailleurs pas toujours parfaites et certaines petites irrégularités techniques peuvent se manifester, mais elles restent généralement secondaires face à l'ensemble.

SIXIÈME PLONGÉE

Une aventure qui ne veut pas vous garder prisonnier

L'une des choses que j'apprécie particulièrement dans Port of Jumanah est son approche relativement compacte.

Le jeu ne semble pas vouloir vous faire signer un contrat de 400 heures.

Une expédition peut être relativement courte, ce qui permet de jouer quelques minutes, de progresser, de retourner au port et de remettre ça plus tard.

C'est parfait pour les joueurs qui aiment les roguelites mais qui n'ont pas nécessairement envie de passer leur soirée entière à recommencer la même partie.

Par contre, cette approche peut devenir un défaut pour ceux qui recherchent une aventure gigantesque avec énormément de contenu.

La progression manque parfois de variété et certaines améliorations peuvent donner une impression de répétition après plusieurs runs.

Le jeu est donc probablement plus intéressant lorsqu'on le consomme comme une petite aventure régulière plutôt que comme un énorme roguelite dans lequel on veut investir des centaines d'heures.

SEPTIÈME PLONGÉE

Et cette bande-son?

La musique accompagne très bien l'ambiance générale.

Port of Jumanah ne cherche pas constamment à nous bombarder de compositions épiques. La bande-son contribue plutôt à créer cette sensation d'aventure maritime légère et colorée.

Le résultat fonctionne particulièrement bien pendant les phases d'exploration.

On peut avoir l'impression de partir pour une petite promenade sous-marine tranquille…

Puis un poisson mutant arrive.

Et soudainement, la promenade est annulée.

Cette alternance entre calme et danger correspond parfaitement à l'esprit du jeu.

LE TRÉSOR AU FOND DE L'EAU

Port of Jumanah n'est pas le roguelite le plus profond de l'océan.

Et il ne cherche probablement pas à l'être.

Sa véritable force se trouve ailleurs : dans son univers.

Le thème de la plongée, la pêche aux perles, l'inspiration culturelle, le port, les personnages loufoques et l'humour permettent au jeu de posséder une personnalité que beaucoup de productions indépendantes n'arrivent pas à trouver.

Sa formule demeure toutefois relativement simple.

Les combats manquent parfois de profondeur, la variété des améliorations pourrait être plus importante et certains joueurs risquent de trouver la répétition un peu rapide. Des petits problèmes techniques peuvent également apparaître, même s'ils ne semblent pas suffisamment importants pour faire couler le navire.

Mais lorsque tous les éléments fonctionnent ensemble, Port of Jumanah devient une aventure étonnamment agréable.

Ce n'est pas un immense paquebot vidéoludique.

C'est plutôt une petite embarcation colorée qui vous emmène faire quelques excursions dans un océan rempli de poissons étranges, de trésors et de personnages encore plus étranges.

Et parfois, c'est exactement ce qu'on veut.

PLAISANT OU PAS?

Port of Jumanah est plaisant.

Il est accessible, drôle, coloré et suffisamment différent pour attirer l'attention.

Son système d'oxygène apporte une tension intéressante aux expéditions et le village donne une bonne raison de retourner plonger encore et encore.

Son plus gros problème reste son manque de profondeur dans certains systèmes. Les amateurs de roguelites très complexes pourraient rapidement réclamer davantage d'armes, de builds et de possibilités.

Mais pour une expérience plus légère et facile à prendre en main, il fait très bien son travail.

FOCUS FINAL

Port of Jumanah ne réinvente pas le roguelite, mais il lui met une bouteille d'oxygène sur le dos et l'envoie explorer des eaux beaucoup moins fréquentées.

Son gameplay est simple, ses combats sont accessibles et sa progression aurait gagné à offrir davantage de variété. Pourtant, difficile de rester complètement insensible au charme de son univers.

Entre les plongeons, les perles, les monstres marins, les personnages improbables et ce petit port qui devient progressivement notre point d'attache, le jeu possède une identité bien à lui.

Il ne prétend pas être le prochain grand monument du genre.

Il préfère être cette petite découverte qu'on lance pour une courte partie et qui nous fait finalement rester un peu plus longtemps que prévu.

Et au fond de l'océan vidéoludique, ce n'est déjà pas rien.


LES PLUS

+ Un univers sous-marin original et charmant

+ L'oxygène apporte une excellente tension aux expéditions

+ Une aventure accessible avec beaucoup de personnalité


LES MOINS

- Des combats qui manquent parfois de profondeur

- Variété des améliorations encore limitée

- Quelques petits problèmes techniques et une certaine répétitivité


NOTE GAME-FOCUS: 8 / 10


Une jolie petite perle indépendante.

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