Date de sortie : 24 juillet 2025
Développeurs : Tripwire Interactive
Éditeur : Tripwire Interactive
Plates-formes : PC, Xbox Series, PS5,
Genres : Action
Prix : 53,99$ à 105,99$ pour l’édition Élite Nightfall
Il y a des jeux qui vous divertissent, d’autres qui vous marquent… et puis il y a ceux qui vous happent dans un gouffre d’horreur crue dont vous ressortez tremblant mais avide d’y replonger. Killing Floor 3 appartient sans conteste à cette dernière catégorie.
Tripwire Interactive a fait le choix d’un retour aux sources sanglantes de la saga tout en lui insufflant une dimension plus moderne, plus oppressante, presque suffocante. Ce n’est plus seulement une boucherie coopérative : c’est un rituel macabre qui met vos nerfs et votre instinct de survie à l’épreuve.
Un monde ravagé par la chair et le métal
Dès l’écran titre, le ton est donné : néons tremblotants, visages mutilés, silhouettes cybernétisées avançant dans l’ombre. L’univers de Killing Floor 3 est un cauchemar cyber-horrifique où la chair se mêle au métal, où l’humain est réduit à un simple matériau de laboratoire.
Les Zeds ne sont plus de simples mutants grotesques : ce sont des expériences inachevées, des marionnettes cauchemardesques qui vous traquent avec des sons mécaniques et des hurlements gutturaux. On sent presque l’odeur du sang rance et du métal rouillé à travers l’écran.
Visuellement, le jeu atteint un niveau de détail qui rend chaque affrontement encore plus viscéral. Quand une scie circulaire tranche un adversaire en deux, ce n’est pas juste un effet gore : c’est une sculpture morbide animée par Unreal Engine 5.
Le gameplay : une descente dans l’enfer coopératif
Le principe n’a pas changé : survivre à des vagues d’ennemis jusqu’au boss final. Mais la formule a évolué. Chaque vague est un crescendo, une montée en tension presque insupportable où l’on se demande non pas si on va mourir, mais quand.
Les classes de personnages sont plus différenciées que jamais. Le commando qui découpe méthodiquement les rangs ennemis, le berserker qui s’élance dans le sang avec une tronçonneuse, le médecin qui tente désespérément de maintenir le groupe en vie… Chacun a son rôle, et l’échec d’un seul peut condamner tous les autres.
Les boss sont des cauchemars éveillés. Ce ne sont pas de simples sacs à PV, mais de véritables monstres stratégiques qui exploitent le décor, surprennent, forcent à se disperser et à se regrouper. Le combat contre eux est une danse morbide où la moindre erreur est fatale.
Contrôles et immersion sensorielle
La lourdeur des déplacements est volontaire. Ici, vous ne courez pas comme un soldat d’élite hollywoodien ; vous êtes un survivant piégé dans un carnage qui vous dépasse. Chaque mouvement, chaque rechargement prend du temps, et ce temps vous coûte souvent la vie.
Les vibrations de la manette (particulièrement sur PS5) accentuent cette immersion malsaine : la gâchette résistante quand votre fusil se bloque, les pulsations quand un Zed surgit dans votre dos… On finit par serrer la manette comme si c’était une arme réelle.
Une durée de vie infinie… ou un cercle vicieux ?
Killing Floor 3 n’offre pas de récit, pas de voyage narratif. Il propose une boucle. Une boucle sanglante. Une répétition sans fin de massacres, toujours plus intenses, toujours plus exigeants.
Certains y verront une limite, d’autres un gouffre dans lequel se perdre. Avec ses multiples classes, ses cartes labyrinthiques et ses mises à jour promises, c’est un jeu pensé pour durer des mois, des années même, pour peu que l’on accepte la répétition.
Le prix de l’hémoglobine
Au Canada, le jeu s’affiche autour de 79,99 CAD. Un prix élevé pour une expérience sans véritable campagne. Mais en réalité, ce que vous payez, ce n’est pas un scénario ou un monde à explorer. C’est l’accès à une arène infernale, un théâtre macabre où vos soirées entre amis se transformeront en festins sanglants.
Le rapport qualité-prix dépend donc d’une seule chose : êtes-vous prêt à revivre encore et encore cette boucle de survie ?
En conclusion
Killing Floor 3 n’est pas un jeu pour tout le monde. C’est une plongée dans un enfer sanglant, une expérience sensorielle brutale, conçue pour ceux qui aiment souffrir, hurler et recommencer. Avec des amis, c’est un cauchemar partagé d’une intensité rare. Seul, c’est une descente dans une solitude sanglante qui peut vite tourner à l’épuisement.
Les offrandes et les failles
+ Une ambiance cyber-horrifique suffocante, et ce, autant visuellement que sonore.
+ Un gameplay coopératif plus stratégique, plus impitoyable.
+ Une rejouabilité presque infinie pour ceux qui aiment le défi.
- L’absence de vraie campagne scénarisée peut frustrer.
- Répétitif en solo, malgré l’immersion.
- Prix un peu élevé pour un jeu centré sur une boucle de gameplay.