Date de sortie : 30 juin 2025
Développeurs : SkullX, Creatives
Éditeur : SkullX
Plates-formes : PC
Genres : Aventurer, RPG
Prix : 12.99$
Quand l’horreur se regarde dans le miroir
Le monde du jeu indépendant ne manque pas d’idées étranges, mais SkullX: Aibohphobia semble décidé à pousser l’audace encore plus loin. Prévu sur PC, ce titre mêle horreur psychologique, mécanique de puzzle inversé et univers cauchemardesque où chaque élément se lit — littéralement — dans les deux sens.
Une peur bien particulière : l’aibohphobie
Le mot aibohphobia désigne, de façon humoristique, la “phobie des palindromes”. Un terme inventé, mais qui sert ici de colonne vertébrale conceptuelle. Dans SkullX, chaque énigme, chaque mot, chaque symbole a deux faces. Les portes ne s’ouvrent qu’en récitant une phrase identique dans un sens comme dans l’autre, les monstres n’existent que dans leur reflet, et même l’architecture se déforme dès qu’on la parcourt à rebours.
C’est une idée de design unique : le joueur doit constamment jongler entre le monde « normal » et son équivalent inversé, comme si un miroir géant brouillait les repères.
Un univers morbide et poétique
Visuellement, SkullX: Aibohphobia évoque un mélange entre les ruines gothiques de Dark Souls et les cauchemars surréalistes de Silent Hill. Couloirs symétriques, fresques qui se lisent de droite à gauche, statues dont les visages se plient en palindrome visuel : tout semble conçu pour troubler la perception.
La direction artistique n’est pas là seulement pour faire peur, mais pour nourrir une poésie sombre. Le jeu joue sur la dualité entre beauté et horreur, équilibre et chaos, familiarité et étrangeté.
Gameplay : horreur inversée et puzzles réfléchis
Le cœur de l’expérience repose sur deux mécaniques principales :
Les puzzles palindromiques : phrases à compléter, symboles à aligner, gestes à reproduire parfaitement en miroir.
La survie asymétrique : les ennemis n’apparaissent que dans une réalité inversée. Autrement dit, avancer dans une salle peut sembler sûr, mais un simple regard en arrière révèle la créature qui vous suivait déjà.
Ajoutons à cela un système de ressources limitées (lumière, encre, mots gravés dans le sol) qui obligent à réfléchir à chaque mouvement. On ne tire pas sur les monstres dans SkullX, on les “dissout” en brisant leur symétrie.
Une narration cryptique
Le scénario reste volontairement mystérieux. On incarne un protagoniste sans nom, enfermé dans un labyrinthe qui semble écrit par une conscience malade. Des journaux intimes, eux-mêmes truffés de phrases réversibles, suggèrent qu’il s’agit d’un écrivain prisonnier de ses propres obsessions linguistiques.
Chaque chapitre du jeu se construit comme une “strophe”, renforçant l’idée que l’ensemble est à la fois un poème, un cauchemar et un test psychologique.
Nos attentes
SkullX: Aibohphobia intrigue parce qu’il ose aller dans une direction que peu de jeux d’horreur explorent : transformer la langue et la perception en armes narratives. Là où la plupart des survival horror jouent sur la peur de l’inconnu ou du gore, celui-ci choisit une peur plus abstraite — l’idée que même nos repères logiques peuvent se retourner contre nous.
Si le jeu parvient à équilibrer sa mécanique miroir sans frustrer le joueur, il pourrait bien devenir une petite pépite du genre indépendant, à la fois effrayante et poétique.
Ce qui excite déjà :
Un concept unique basé sur les palindromes et la symétrie.
Une direction artistique sombre et fascinante.
Une approche originale de l’horreur psychologique.
Ce qui reste à surveiller :
Risque de puzzles trop complexes ou hermétiques.
Gameplay qui pourrait devenir répétitif si la mécanique miroir n’évolue pas.
Narration volontairement opaque qui pourrait perdre certains joueurs.
Verdict provisoire
Difficile de ne pas être intrigué par SkullX: Aibohphobia. Ce n’est pas le genre de jeu qui plaira à tout le monde, mais c’est exactement ce qui fait sa force : une proposition artistique singulière, entre jeu d’horreur, casse-tête et expérience métaphysique.