Fiche technique
Titre : Yoshi and the Mysterious Book
Date de sortie : 21 mai 2026
Développeur : Good-Feel
Éditeur : Nintendo
Plateforme : Nintendo Switch 2
Genre : Plateforme / Puzzle / Exploration
Mode de jeu : Solo
Prix : Environ 84,99 $ CAD
Classification : E pour tous
Depuis plusieurs années, Yoshi traîne une drôle de réputation dans l’univers Nintendo. Celle du gentil cousin qu’on invite au party familial parce qu’il apporte des biscuits, mais qu’on oublie rapidement dès que Mario débarque avec ses feux d’artifice. Pourtant, chaque fois que le dinosaure vert obtient sa propre aventure, les développeurs semblent vouloir transformer la formule en terrain de bricolage expérimental. Après la laine, le carton et les décors qui semblaient sortir d’une garderie sous caféine, voici maintenant un livre vivant rempli de créatures étranges, de puzzles et d’idées qui apparaissent plus vite qu’un Koopa sur des patins à roulettes.
Et franchement? Yoshi and the Mysterious Book est probablement le jeu le plus curieux que Nintendo ait publié depuis longtemps.
Le concept paraît presque absurde au départ. Un énorme livre nommé « Mr. E » tombe du ciel et entraîne Yoshi dans ses pages. Chaque chapitre agit comme un mini laboratoire interactif où l’on doit observer des créatures, tester leurs réactions et utiliser leurs capacités pour progresser. Dit comme ça, on pourrait croire à une sorte de Pokédex sous acide mélangé à un jeu éducatif des années 90. Pourtant, la magie opère presque immédiatement.
Là où plusieurs jeux de plateforme nous demandent simplement de courir vers la droite en écrasant tout ce qui bouge, Yoshi and the Mysterious Book préfère nourrir la curiosité du joueur. Une créature dort? Lancez-lui un fruit. Une autre se gonfle comme un ballon? Montez dessus. Une bestiole devient lumineuse lorsqu’elle mange des fleurs? Peut-être qu’elle révélera un passage caché. Le jeu récompense constamment l’expérimentation, et cette approche transforme chaque niveau en petite boîte à surprises.
Le résultat donne parfois l’impression de feuilleter un livre interactif conçu par quelqu’un ayant remplacé son café matinal par des champignons du Royaume Champignon.
Une aventure qui adore surprendre
Ce qui frappe le plus durant les premières heures, c’est la créativité presque excessive des mécaniques. Chaque chapitre introduit une nouvelle idée et refuse de l’étirer inutilement pendant dix heures. Une minute, vous utilisez une espèce de chenille extensible pour grimper dans des cavernes. La suivante, vous manipulez des oiseaux qui modifient la gravité ou des poissons capables d’avaler des projectiles.
Nintendo et Good-Feel ont clairement adopté une philosophie de design basée sur le renouvellement constant. Certains concepts auraient même mérité un jeu complet à eux seuls.
Cette avalanche d’idées crée toutefois un léger problème. Certaines mécaniques disparaissent presque aussitôt introduites. C’est un peu comme entrer dans un buffet rempli de desserts incroyables et constater qu’on vous retire l’assiette après seulement deux bouchées. On sourit constamment, mais on aimerait parfois que le jeu prenne davantage son temps.
Heureusement, l’exploration demeure suffisamment satisfaisante pour maintenir l’intérêt du début à la fin. Chaque environnement déborde de secrets, de fleurs cachées et de comportements étranges à découvrir. Le système d’observation des créatures devient rapidement addictif. On finit par jouer au biologiste amateur complètement dépassé par les événements.
« Voyons voir ce que cette chose fait si je lui lance un melon. »
Puis soudainement, la créature explose en confettis et révèle un passage secret.
Évidemment.
Une direction artistique qui ressemble à un conte animé
Visuellement, Yoshi and the Mysterious Book est magnifique, mais pas dans le sens traditionnel du terme. Ce n’est pas un jeu qui cherche le réalisme ou la démonstration technologique agressive. Ici, tout ressemble à un livre pour enfants ayant mystérieusement pris vie durant la nuit.
Les animations possèdent un effet stop-motion volontairement saccadé qui donne énormément de personnalité aux personnages. Certains joueurs risquent de trouver cette approche étrange au départ, mais elle finit par devenir l’un des plus grands charmes du jeu.
Les décors débordent de couleurs, de petits détails et de textures rappelant des aquarelles animées. Chaque chapitre possède son identité visuelle propre. Une forêt peut sembler douce et chaleureuse avant de laisser place à une bibliothèque inquiétante remplie d’ombres vivantes et de créatures aux yeux gigantesques.
Même les menus respirent la créativité.
La Nintendo Switch 2 permet également au jeu de maintenir une fluidité très stable dans la majorité des situations. Les temps de chargement demeurent présents ici et là, surtout lorsqu’on change de chapitre, mais rien de catastrophique.
Par contre, ceux qui espéraient une immense claque graphique comparable aux grosses productions ultra réalistes risquent d’être surpris. Yoshi and the Mysterious Book préfère le charme artisanal au muscle technologique. Et honnêtement, ce choix lui va parfaitement.
Une difficulté presque trop gentille
S’il y a un élément qui divisera les joueurs, c’est bien le niveau de difficulté.
Le jeu est extrêmement accessible. Par moments, il donne même l’impression d’avoir peur de frustrer qui que ce soit. Les ennemis sont rarement menaçants, les vies abondent et plusieurs séquences de plateforme peuvent être traversées sans grande résistance.
Pour les familles et les jeunes joueurs, c’est pratiquement parfait. Nintendo réussit encore une fois à créer une aventure accueillante et relaxante.
Mais pour les vétérans du genre, certains passages manqueront clairement de mordant.
Cela dit, le véritable défi du jeu ne vient pas des réflexes. Il vient plutôt de l’observation. Trouver tous les secrets, comprendre les réactions des créatures et compléter entièrement les chapitres demande davantage d’attention qu’on pourrait le croire.
Le titre fonctionne donc davantage comme un grand terrain de découverte que comme un parcours d’obstacles sadique.
Et dans un marché rempli de jeux voulant constamment nous écraser psychologiquement avec des boss gigantesques et des roulades obligatoires, cette approche presque zen fait un bien fou.
Une bande sonore qui flotte dans la tête comme un rêve étrange
La musique mérite également une mention spéciale.
La trame sonore accompagne parfaitement l’atmosphère du jeu avec des mélodies douces, parfois rêveuses, parfois complètement éclatées. Certaines pistes donnent l’impression d’écouter une boîte à musique oubliée dans un grenier magique.
Les effets sonores, eux, tombent souvent dans le pur cartoon assumé. Les créatures couinent, gargouillent, chantent ou poussent des cris absurdes qui ajoutent énormément de personnalité à l’univers.
Et bien sûr, Yoshi continue de produire ses célèbres petits bruits joyeux qui ressemblent toujours à un mélange entre un kazoo et un dinosaure ayant inhalé de l’hélium.
Un jeu qui comprend enfin ce qu’est Yoshi
Ce qui rend Yoshi and the Mysterious Book particulièrement intéressant, c’est qu’il semble enfin comprendre pourquoi les joueurs aiment Yoshi.
Ce personnage n’a jamais été conçu pour vivre des aventures ultra dramatiques ou sauver le monde dans des cinématiques de trois heures. Yoshi fonctionne lorsqu’il évolue dans des univers chaleureux, étranges et remplis de créativité naïve.
Et ce jeu embrasse complètement cette identité.
Il transforme la curiosité en mécanique principale. Il encourage le joueur à expérimenter sans punition sévère. Il récompense l’émerveillement plutôt que la performance.
Ce n’est peut-être pas le jeu de plateforme le plus intense de l’année.
Mais c’est probablement l’un des plus attachants.
Focus Final
Yoshi and the Mysterious Book ressemble à un livre pour enfants oublié dans une bibliothèque Nintendo secrète pendant vingt ans avant d’être redécouvert par une équipe de développeurs ayant décidé de transformer chaque page en idée de gameplay. Le résultat est une aventure débordante d’imagination, de charme et de créativité.
Oui, sa difficulté très faible pourrait décevoir certains joueurs plus expérimentés. Oui, plusieurs mécaniques auraient mérité davantage de profondeur. Mais malgré ces défauts, le jeu possède une personnalité tellement forte qu’il devient difficile de ne pas sourire constamment.
C’est un peu comme manger un énorme dessert coloré en forme de dinosaure. Ce n’est peut-être pas le repas le plus complexe du monde, mais diable… c’est délicieux.
+ Une créativité presque inépuisable dans les mécaniques
+ Une direction artistique magnifique et remplie de charme
+ L’exploration et la découverte constamment récompensées
- Difficulté parfois beaucoup trop faible
- Certaines idées disparaissent trop rapidement
- Quelques temps de chargement légèrement agaçants
