Notre critique du jeu Chainstaff

Fiche technique

Date de sortie : 8 avril 2026

Titre : ChainStaff

Développeur : Mommy's Best Games

Éditeur : Null Games

Genre : Action-platformer / Run’n gun / Metroidvania léger

Plateformes : PS5, Xbox Series X|S, PS4, Xbox One, Nintendo Switch, PC  

Prix : Environ 20 $ CAD

Mode de jeu : Solo

Classification : Mature

Il existe des jeux qui cherchent à séduire tout le monde. Puis il y a ChainStaff. Une créature mutante sortie d’un garage tapissé de pochettes d’albums métal des années 80, nourrie au jus de science-fiction psychédélique et élevée avec des VHS de séries B intergalactiques. Dès les premières minutes, le titre de Mommy’s Best Games annonce ses couleurs avec la subtilité d’un insecte géant qui vous explose au visage.

Et franchement? C’est rafraîchissant.

Dans un paysage où plusieurs jeux indépendants recyclent les mêmes recettes rétro jusqu’à l’usure du pixel, ChainStaff débarque comme un vieux solo de guitare électrique branché sur un réacteur nucléaire. Le jeu ne cherche pas à être “nostalgique”. Il veut être étrange, agressif, grotesque et surtout mémorable. Mission accomplie. 

Vous incarnez Jesse “Varl” Varlet, un soldat fusionné malgré lui avec une espèce d’organisme alien accroché à sa tête. Une situation déjà problématique sur LinkedIn, mais encore pire lorsqu’une invasion mutante transforme la planète en buffet biologique géant. Heureusement, votre héros possède une arme totalement délirante : le ChainStaff.

Et ce machin est la véritable vedette du jeu.

Une arme qui transforme complètement le gameplay

Le ChainStaff n’est pas qu’un simple gadget. C’est pratiquement le couteau suisse d’un univers sous acide. À la fois grappin, lance, plateforme, bouclier et arme de destruction massive improvisée, il devient rapidement le cœur de toute l’expérience. 

Au début, on tâtonne un peu. Les contrôles demandent une certaine adaptation, surtout lorsque les ennemis remplissent l’écran comme une colonie de fourmis sous caféine. Mais une fois le système maîtrisé, ChainStaff devient incroyablement fluide.

Le jeu réussit quelque chose de rare : il vous donne l’impression d’être meilleur que vous ne l’êtes réellement.

On bondit entre les murs, on plante le bâton dans le sol pour bloquer des projectiles, on se propulse dans les airs comme un cascadeur suicidaire, puis on termine le tout avec une pluie de tirs énergétiques. Chaque affrontement finit par ressembler à une improvisation punk parfaitement orchestrée.

Ce sentiment de mobilité constante rappelle parfois les vieux Bionic Commando, tandis que certaines séquences respirent l’ADN brutal de Contra et Metal Slug. Mais ChainStaff ne copie jamais directement ses inspirations. Il les digère pour ensuite recracher quelque chose de profondément bizarre. 

Une direction artistique complètement déchaînée

Visuellement, le jeu est fascinant.

Ce n’est pas du pixel art nostalgique comme on en voit partout. Non. Ici, on plonge dans un univers inspiré des illustrations fantasy et science-fiction des années 70 et 80, avec des couleurs saturées, des monstres impossibles et des environnements qui ressemblent à des pochettes d’albums de heavy metal oubliées dans une dimension parallèle. 

Chaque niveau déborde d’idées grotesques et magnifiques. Des insectes gigantesques fusionnent avec des structures organiques, des créatures mutantes explosent dans des geysers de chair alien, et certains boss semblent avoir été dessinés après trois nuits sans sommeil et une overdose de boissons énergétiques.

Le résultat est parfois écœurant. Souvent impressionnant.

Et surtout, extrêmement unique.

Même lorsqu’on sent certaines limites budgétaires dans les animations ou quelques textures plus simples, la personnalité artistique du jeu écrase presque tous ses petits défauts. ChainStaff a une identité forte. Une vraie. Pas une identité générée dans une salle de réunion avec des mots comme “engagement organique” et “tendance rétro”. 

Un rythme parfois inégal

Là où le jeu trébuche un peu, c’est dans sa structure globale.

Les combats de boss sont souvent excellents. Massifs, absurdes, agressifs. Certains affrontements donnent presque l’impression de survivre à un concert métal vivant. Mais entre ces moments explosifs, quelques passages réguliers deviennent plus répétitifs. 

Les ennemis normaux manquent parfois de variété stratégique. On finit par développer des automatismes qui réduisent un peu la tension. De plus, certains segments de plateforme peuvent devenir frustrants lorsque la lisibilité de l’action s’effondre sous les effets visuels et les explosions biologiques.

Le jeu aime aussi être brutal. Pas injuste, mais exigeant. Les joueurs moins patients risquent parfois d’avoir envie de lancer leur manette dans une autre dimension.

Et la bande sonore?

Elle frappe fort. Très fort.

Probablement trop fort parfois.

Les compositions heavy metal accompagnent parfaitement l’univers du jeu, mais leur intensité constante finit occasionnellement par fatiguer, surtout durant les longues sessions. 

Cela dit, cette surcharge sensorielle fait aussi partie de l’identité du titre. ChainStaff ne connaît pas la retenue. C’est un jeu qui hurle en permanence dans votre visage avec un sourire carnassier.

Une belle surprise indépendante

Ce qui impressionne le plus avec ChainStaff, c’est son courage créatif.

À une époque où plusieurs productions indépendantes jouent la sécurité, Mommy’s Best Games livre un jeu profondément imparfait… mais infiniment vivant. Chaque niveau déborde d’idées étranges. Chaque mécanique semble avoir été conçue avec passion plutôt qu’avec un tableur Excel.

Le titre ne révolutionne peut-être pas complètement le genre, mais il apporte suffisamment d’originalité pour devenir instantanément mémorable.

Et honnêtement? Ça vaut énormément aujourd’hui.

Parce qu’une fois la poussière retombée, les jeux qu’on retient ne sont pas toujours les plus polis. Ce sont souvent ceux qui osent être différents. Ceux qui prennent des risques. Ceux qui ressemblent à un rêve fiévreux coincé entre un album d’Iron Maiden et un cauchemar cosmique.

ChainStaff appartient exactement à cette catégorie.

Focus Final

ChainStaff est une bombe mutante de créativité. Un action-platformer brutal, étrange et débordant de personnalité qui transforme une simple arme en véritable terrain de jeu mécanique. Malgré quelques problèmes de rythme et certaines frustrations liées à sa difficulté, le titre réussit à offrir une aventure mémorable qui sent la sueur, le métal et l’acide alien fluorescent.

Ce n’est pas un jeu pour tout le monde.

Mais pour les amateurs de sensations rétro déglinguées et d’action nerveuse, c’est une excellente surprise indépendante.


Points Positifs 

+ Le ChainStaff est une mécanique absolument brillante

+ Direction artistique unique et mémorable

+ Boss gigantesques et combats extrêmement satisfaisants


Points Négatif

- Rythme inégal entre certains niveaux

- Lisibilité parfois chaotique

- Bande sonore qui peut devenir fatigante à la longue


Note finale : 8/10

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