Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce début d’année est marqué par la sortie de beat-em all tous plus alléchants les uns que les autres. Sega n’allait certainement pas manquer la danse et propose même de l’ouvrir avec Bayonetta, dont on nous parle depuis plus d’un an à grands coups de vidéos endiablés mettant en avant aussi bien les courbes de l’héroïne que la frénésie de l’action. Voyons voir ce qu’il en est, manette en main.
Bayonetta : ange ou démon ? Sorcière en-tout-cas!
Tout commence bien avant l’histoire principale du soft, quand deux forces opposées luttaient à part égale pour maintenir l’équilibre de notre monde. Les sorcières du clan de l’Umbra et les anges du clan Lumen sauvegardaient une paix fragile, jusqu’au jour où cette paix se rompit. Une terrible guerre éclata alors, menaçant le futur de notre terre. De cette guerre sans merci, les Lumen en sortirent vainqueurs et une seule sorcière survécu. Mais est-ce réellement Bayonetta ?
Si la réponse n’est pas évidente, c’est tout simplement parce que notre héroïne a perdu la mémoire. Réveillée il y a 20 ans de cela, elle cherche aujourd’hui à retrouver les fragments perdus de son passé. C’est dans ce contexte que notre histoire commence, alors que Bayonetta se lance sur une nouvelle piste. Comme toujours depuis son réveil, des anges se mettent en travers de sa route, afin de l’envoyer en enfer. Mais, cette fois-ci, les forces déployées pour l’arrêter sont de plus en plus imposantes. Serait-elle sur une piste sérieuse, impliquant bien plus que sa propre histoire?

Loin d’éblouir par son histoire, le soft nous laisse pantois devant une mise en scène particulièrement soignée alliant quête mystique et humour du troisième degré avec brio. Scènes cocasses, angle de caméras tendancieux et autres allusions coquines ne manquent pas de nous rappeler le caractère léger du soft, appuyé par une Bayonetta haute en couleur que l’on ne peut s’empêcher d’apprécier - et pas seulement pour ses courbes. Malheureusement, les autres personnages en pâtissent, avec un écart de personnalité trop grand pour qu’on les remarque réellement. De toute façon, les pitreries classieuses de Bayonetta nous suffissent amplement pour passer un bon moment.
Combo, coup de talon et crêpage de chignon
Attention, ce n’est pas les talents verbaux de la belle qui lui permettront de se frayer un chemin à travers les anges, mais plutôt ses poings et ses pieds. Notre héroïne manie parfaitement « l’art du tir martial », un style de combat lui permettant de tirer en même temps qu’elle frappe. Dante de Devil May Cry manie deux pistolets, Bayonetta fait mieux avec quatre ! Un à chaque main et chaque pied.
Le tout donne évidemment des chorégraphies détonantes, avec des mouvements aussi improbables qu’efficaces, comme, par exemple, de se mettre en équilibre sur la tête pour tirer sur ses adversaires avec les pieds, ou encore de faire du breakdance en tirant à tout va. En plus de tout l’attirail disponible – quelques armes sont à débloquer - Bayonetta sait également invoquer les arts mystiques, grâce à ses origines de sorcière. Les fins de combos donnent lieux à l’apparition de monstres géants se matérialisant en mains ou pieds géants, afin d’administrer une claque magistrale aux pauvres anges en face. Difficile de décrire en mot un résultat aussi fulgurant en image. Retenez simplement que Bayonetta ne manque pas de puissance pour défaire ses ennemis. Les boss souffriront de toute sa fureur puisque, pour les achever, les démons les plus puissants seront sollicités (dragons géants, corbeaux ou encore une dizaine de bras géants). Il faudra bien ça pour venir à bout des gardiens de fin de niveaux mesurant parfois des dizaines de mètres de haut.

La finesse est également au rendez-vous, puisqu’un habile système d’esquive permet de ralentir le temps. Si vous arrivez à éviter une attaque ennemie au dernier moment, le temps se trouve stoppé quelques secondes. Voilà l’occasion d’enchaîner les pauvres adversaires sans défense et d’accumuler des points de magie. Ces derniers permettent, une fois un certain seuil atteint, de déclencher une attaque sadique, moyen efficace pour achever un adversaire de façon expéditive. Pour ce faire, Bayonetta fera apparaître un instrument de torture – comme une guillotine ou une cage remplie de pieux – et projettera le malheureux ange dedans. Un QTE vous permettra d’engranger plus de points en martelant un des boutons du PAD.
Après la baston, le shopping !
Pour agrémenter le tout, les combos sont comptabilisés à tout moment pour être transformés en anneaux, qui représentent la monnaie du jeu. Cette dernière peut être dépensée dans le magasin de l’enfer qui propose techniques, objets et autres accessoires pour augmenter la force de notre héroïne. Cela ne sera pas de trop pour lutter contre les hordes d’ennemis arrivant tout droit du paradis. Contrairement à ce que la force de Bayonetta laisse croire, les affrontements sont loin d’être une partie de plaisir. Si les ennemis de base permettent de se faire la main, plus l’intrigue avance et plus les adversaires se montrent coriaces et difficiles à maîtriser. Le challenge progressif reste tout de même accessible en mode normal, mais demandera de l’investissement et des nerfs solides pour arriver au bout de la difficulté maximale.
Au final, le gameplay de Bayonetta se révèle exemplaire, nous permettant de réaliser de très belles actions et de participer à des affrontements dynamiques et nerveux. Les joutes contre les boss se révèlent dantesques et renforcent le sentiment de puissance de l’héroïne qui reste solide face à toutes les situations. Un plaisir de tous les instants, renforcé par la multitude de petits détails agréables à découvrir, comme la possibilité de ramasser les armes ennemies ou l’écran des scores à chaque fin de bataille – à comparer avec les joueurs du monde entier via internet. Pour boucler l’aventure une première fois, une dizaine d’heures vous seront demandées et le triple pour achever le soft dans ses moindres détails (carnets de notes, coffres secrets et autres défis).
Il n’y a pas que la belle à admirer
Visuellement, le soft assure un spectacle à la hauteur, avec des décors magnifiquement réalisés. Le plus impressionnant reste la variation de level design qui commence par une ambiance tout ce qu’il y a de plus normal pour évoluer vers un univers abstrait et déconstruit, reprenant les thèmes de départ pour nous les proposer dans une nouvelle version. Par exemple, la gare de départ aux allures de temple se retrouve découpée en plusieurs morceaux flottant dans l’univers. Il faudra alors jouer sur la gravité pour espérer traverser le chapitre. Peu d’aliasing, des effets de lumières saisissants ou encore une action dynamique ne souffrant d’aucun ralentissement finissent de nous convaincre sur l’aspect graphique su soft, digne de son statu de superproduction vidéoludique. L’héroïne en profite évidemment pour afficher une présence à l’écran facile à résumer : sublime du début à la fin. Quelques problèmes de caméra restent présents, en partie à cause de la vitesse de l’action parfois difficile à suivre.
L’ambiance sonore finit de nous transporter dans cette quête divine délirante avec des musiques utilisant aussi bien un violon symphonique particulièrement puissant qu’une version pop de Fly me to the Moon décalée mais donnant le ton à l’action.
Conclusion
Bourré d’humour, bénéficiant d’une jouabilité hors pair jouant dans les hautes sphères du beat’em all actuel et subjuguant le joueur de par ses graphismes sublimes, Bayonetta est assurément un grand jeu. Les gars de Platinum Game ont su travailler le soft dans ses moindres détails pour nous proposer une œuvre soignée et complète, proposant une ambiance décalée parfaitement assumée qui saura vous faire sourire tout au long de la partie. Avec Bayonetta, le plaisir est assuré du début à la fin !