Surpris par la qualité de Risen lors de notre avant-première, les anciens développeurs de la série Gothic nous livrent aujourd’hui une copie finalisée de leur prochaine production. Quelques réglages s’imposaient, mais certains n’ont pas été effectués là où on les attendait.
Échoué sur une île mystique, notre héros sans nom est l’un des deux survivants d’un navire possédé par l’Inquisition. Ils étaient clandestins à bords et ont eu une chance pas croyable au vu de l’attaque du monstre marin détruisant d’un coup d’un seul le navire. Vous vous retrouvez donc sur cette île, sur laquelle des ruines ont jailli de sous terre réveillant ainsi des milliers de monstres avides de sang frais.
Bien sûr que non, tous ne sont pas comme cela, car la particularité principale de ce titre réside dans l’intelligence artificielle. Nous pouvons classer les espèces en trois grandes catégories : les inoffensifs, les défensifs et les prédateurs. Les inoffensifs sont généralement des espèces ne dépassant pas votre cheville, comme les nautiles ou les poules par exemple. Ils ne servent qu’à remplir des terres déjà fournies en flore. Les défensifs, comme les rats venimeux, possèdent une faculté intimidation, qui leur fait émir des sons et les font adopter une attitude spécifique afin d’effrayer les autres créatures, pour l’occasion se sera vous-même. L’effet est garanti surtout que c’est une première dans l’histoire du jeu vidéo, prévenir avant de guérir comme dirait le proverbe. Puis il y a les prédateurs, comme les célèbres loups déjà présents dans la série Gothic infligeant par la même occasion bon nombre de Game Over, qui ne réfléchissent pas beaucoup. Ils se basent sur un concept, je vois, je tue. Encore une fois, la sensation de sauvagerie et donc de bestialité est parfaitement retranscrite, le tout pour procurer une réelle sensation d’être ailleurs que dans un habitat habituellement occupé par les humains.
Pourtant, il y a deux, voire trois grands groupes se distinguent : les chasseurs et l’Inquisition. Les chasseurs, regroupant avec eux des guerriers qui se battent à l’arme blanche, aiment les combats à distance avec leur arc à grande capacité. Ils sont dirigés par le Don, quoiqu’un peu trop occupé à ne rien faire et à compter son or obtenu grâce à l’exploitation d’artéfacts récupérés dans les ruines précédemment apparues sur l’île. Pour l’inquisition, c’est un groupe vivant dans un monastère au nord de l’île. Ils passent leur temps à s’entraîner et à exercer des tâches. On peut dire que ce camp repose sur le côté mal puisque si vous rencontrez des soldats de l’Inquisition et que vous ne les battez pas, ils vous emmèneront dans ce fameux monastère pour vous former et vous obliger à rejoindre leur rang. Un troisième groupe, de petite envergure, se détache cependant : les moines. Ils sont contrôlés par l’Inquisition et s’occupent de leurs fermes et de leurs champs. Vous devrez donc choisir quel camp rejoindre ce qui nous donne pas moins de deux campagnes complètement différentes et tout aussi intéressantes l’une que l’autre.
Bien qu’elle se déroule sur deux principaux décors, les chasseurs dans les marécages et l’Inquisition dans le monastère, votre aventure vous permettra de vous balader dans toute l’île et de rencontrer surtout la ville principale : Port-Faranga. Port-Faranga est une ville portuaire servant de capitale. Elle fut jadis contrôlée par les chasseurs, mais avec l’arrivée de l’Inquisition dans les parages, ils ont été obligés de déguerpir pour se réfugier dans les marais.
Une ville somme toute très animée avec une forte inspiration provenant du monde des pirates aussi bien dans le design de la ville que dans celui des habits. Les graphismes généraux sont de très bonnes factures avec de superbes effets de lumière. Malheureusement, la qualité environnementale n’est pas égale à celle des personnages souvent cubiques et peu finalisée même si l’on retient qu’aucun protagoniste ne se ressemble et que chacun a sa propre personnalité. Du côté des points des négatifs, nous pouvons rajouter la noirceur des décors et le fait que les changements de temps et de phases de journée (matin, midi, soir, nuit) sont scriptés, ainsi, il est impossible de faire plus de 10 mètres dans les marécages sans avoir la nuit qui s’installe progressivement. Heureusement, des torches peuvent être utilisées, mais ne nous permettent pas de voir à plus de 5mètres devant nous. Cependant, la gestion de la lumière est plutôt excellente avec les reflets sur les murs, et le travail sur les ombres renforce l’aspect graphique pour le faire renverser dans notre bonne estime.
Pour continuer dans le positif tempéré soulignons les menus clairs pour n’importe quel joueur régulier du style jeu de rôle occidental, en revanche, pour les débutants, le trop-plein d’information donnée par écran pourrait le faire saturé et ainsi abandonné une aventure pourtant passionnante. Chaque élément à sa partie, les armes, les boucliers, les potions, la nourriture… Un système de programmation de touche est présent afin de boire une potion rapidement en plein combat par exemple ce qui est impossible à faire en passant par les menus, car ils sont gérés en temps réel. L’action ne se met pas en pause quand on rentre dedans. Les joueurs pour par contre pester contre le manque d’ergonomie offert lors de la visualisation de la carte, puisqu’il faut passer par trois à quatre menus différents pour enfin voir la carte voulue en rapport avec l’objectif actuellement lancé.
Attendu au tournant par tous les admirateurs de Gothic, Piranha Bytes s’en sort avec les honneurs avec Risen. Proposant une intelligence artificielle de grande qualité et un système de combat se basant sur le contre, ce jeu se doit de figurer sur votre étagère, mais les défauts cités dans ce test rebuteront les néophytes. Dur, dur, mais à conseiller uniquement aux fans du genre.