Une extension ambitieuse sur le papier, plus prudente manette en main
Avec Mega Dimensions, Pokémon Legends : Z-A tente de prolonger son univers en capitalisant sur ce que les fans réclamaient depuis le départ : plus de Méga-Évolutions, plus de défis et une exploration poussée vers l’étrange. Ce contenu téléchargeable ne cherche pas à révolutionner la formule, mais plutôt à l’étirer, à l’approfondir… quitte à en révéler les limites.
Une intrigue entre distorsion et déjà-vu
Le DLC s’ouvre sur l’apparition de fractures dimensionnelles qui déstabilisent Illumis et ses environs. Ces anomalies donnent naissance à une version altérée de la ville, plus instable, plus dangereuse, où les Pokémon semblent poussés au-delà de leurs limites naturelles. Sur le papier, l’idée est séduisante : une ville familière qui se fissure, révélant une autre facette de son histoire.
Dans les faits, la narration reste fonctionnelle mais discrète. Les nouveaux personnages remplissent leur rôle, sans réellement marquer l’esprit, et l’intrigue avance surtout comme un prétexte à l’exploration et aux combats. On suit les événements avec intérêt, mais rarement avec émotion. Mega Dimensions raconte une histoire qui se laisse suivre, sans jamais chercher à surprendre ou à bouleverser.
Une exploration plus risquée… mais pas transformée
La grande nouveauté du DLC repose sur cette Illumis dimensionnelle, une version déformée de la ville connue. Les repères sont là, mais altérés : architecture instable, zones inaccessibles, Pokémon plus agressifs. L’ambiance fonctionne, surtout lors des premières heures, où l’on ressent une vraie tension dans l’exploration.
Cependant, cette zone donne parfois l’impression d’être une réinterprétation plutôt qu’un véritable nouvel environnement. Les joueurs qui espéraient une carte totalement inédite pourront rester sur leur faim. Le plaisir vient davantage de la difficulté accrue et de la prise de risque que d’un réel sentiment de découverte.
Les Méga-Évolutions : cœur battant du DLC
Là où Mega Dimensions frappe juste, c’est dans son utilisation des Méga-Évolutions. Elles ne sont plus de simples bonus visuels, mais des outils stratégiques centraux. Certaines transforment radicalement la façon d’aborder les combats, forçant à revoir sa composition d’équipe et ses habitudes.
Les affrontements gagnent en intensité, notamment face à des Pokémon dépassant les standards habituels en termes de puissance. Le DLC s’adresse clairement à des joueurs déjà expérimentés, prêts à optimiser leurs stratégies et à accepter l’échec comme étape d’apprentissage.
Une difficulté plus exigeante, parfois artificielle
Cette montée en difficulté est à double tranchant. D’un côté, elle apporte enfin un véritable défi, souvent réclamé par les joueurs de longue date. De l’autre, elle s’appuie parfois sur une logique de répétition et de grind. Certaines missions demandent de longues phases de collecte ou de combats similaires, ce qui peut casser le rythme et diluer l’intérêt narratif.
Le DLC pousse le joueur à s’investir, mais ne récompense pas toujours cet investissement par des situations réellement nouvelles.
Une extension pensée pour les complétistes
Mega Dimensions assume pleinement son orientation : c’est un contenu pensé pour ceux qui veulent tout voir, tout capturer, tout maîtriser. Nouveaux défis, Pokédex étendu, objectifs secondaires nombreux… il y a de quoi faire, à condition d’adhérer à la philosophie du jeu de base.
En revanche, ceux qui attendaient un tournant majeur ou une refonte de certaines mécaniques risquent de trouver l’expérience trop prudente.
+ Une difficulté relevée qui apporte enfin de vrais défis
+ Des Méga-Évolutions intéressantes, au cœur du gameplay
+ Une ambiance dimensionnelle réussie lors des premières heures
- Une narration trop discrète, manquant d’impact
-Une nouvelle zone qui manque d’identité propre
- Des phases de grind répétitives qui ralentissent le rythme
Mega Dimensions est une extension solide mais prudente. Elle enrichit Pokémon Legends : Z-A sans le transformer, offrant davantage de défis et de contenu aux fans investis, tout en laissant un léger goût d’inachevé à ceux qui espéraient une prise de risque plus marquée.
