Date de sortie : 21 novembre 2025
Développeur : Relevo
Éditeur : Selecta Play
Genre : Beat ’em up rétro / Action arcade gore
Plateformes : PC, PS5, Xbox Series, Switch
Version numérique : environ 25,99 $ CAD
Version physique standard : entre 49,99 $ et 54,99 $ CAD selon la plateforme
Éditions limitées : entre 109,99 $ et 129,99 $ CAD
Il existe des figures de l’horreur qui cherchent à effrayer, d’autres à perturber. Art the Clown, lui, ne fait aucun effort pour être aimé. Il est là pour déranger, pour choquer, pour laisser une trace sale et poisseuse derrière lui. Avec Terrifier: The ARTcade Game, le clown sadique quitte les écrans de cinéma pour s’infiltrer dans un jeu vidéo à l’ancienne, comme un fantôme coincé dans une borne d’arcade oubliée. Le concept est séduisant : mêler l’horreur crue de Terrifier à un beat ’em up rétro. Mais une fois la machine allumée, le cauchemar est-il aussi marquant qu’espéré ?
Gameplay : la violence sans subtilité
Dès les premières secondes, le jeu annonce la couleur. On avance, on frappe, on massacre. Terrifier: The ARTcade Game reprend les bases les plus simples du beat ’em up arcade : déplacements latéraux, coups de base, attaques spéciales et ennemis surgissant par vagues successives. Rien de plus, rien de moins.
Cette approche volontairement minimaliste a le mérite d’être immédiate. Aucun tutoriel envahissant, aucune mécanique complexe : on comprend tout en quelques instants. Malheureusement, cette simplicité devient rapidement un poids. Les coups manquent de variété, les enchaînements sont limités, et le sentiment de progression est quasi inexistant. On répète les mêmes actions encore et encore, comme prisonnier d’un cycle de violence sans évolution.
Le jeu tente parfois de compenser avec des pics de difficulté artificiels. Des ennemis apparaissent en surnombre, attaquent à distance ou encerclent le joueur sans réelle possibilité stratégique. Le chaos remplace alors le challenge, et la frustration s’installe. On meurt souvent, non pas par manque de skill, mais par déséquilibre.
Personnages et ennemis : des silhouettes sans âme
Art the Clown est évidemment au centre de l’expérience. Son animation, ses poses grotesques et son sourire figé traduisent bien son malaise iconique. D’autres personnages jouables viennent compléter le casting, mais leurs différences restent surtout esthétiques. En main, les sensations sont trop proches pour vraiment renouveler l’expérience.
Les ennemis, eux, forment une galerie de figures glauques et violentes, mais souffrent d’un comportement répétitif. Ils avancent, frappent, tombent. Peu de surprises, peu de variations réelles. Même les boss, pourtant visuellement marquants, reposent sur des mécaniques classiques et rapidement assimilées.
On sent une volonté de choquer par l’image plutôt que par le gameplay. Le sang coule, les corps explosent, mais la menace disparaît vite une fois les patterns compris.
Direction artistique : un enfer en pixel art
C’est sur le plan visuel que Terrifier: The ARTcade Game trouve sa véritable identité. Le pixel art est volontairement sale, agressif, presque inconfortable. Les couleurs sont saturées, le sang omniprésent, les décors respirent la décrépitude. L’ensemble évoque une cartouche maudite, retrouvée au fond d’une salle d’arcade abandonnée.
Les filtres rétro, inspirés des écrans CRT et VHS, renforcent cette impression d’œuvre sortie d’un autre temps. Par moments, l’image semble volontairement dégradée, comme si le jeu se désagrégeait sous nos yeux. Une idée intéressante, mais parfois mal maîtrisée, au point de nuire à la lisibilité de l’action.
Les environnements, bien que thématiquement variés, restent assez statiques. Ils servent surtout de décor à la violence, sans interaction notable. Une immersion visuelle forte, mais un monde finalement creux.
Bande-son : une transe rétro oppressante
La musique chiptune accompagne efficacement le carnage. Les sons synthétiques rappellent les jeux d’arcade d’antan, tout en instaurant une atmosphère tendue et malsaine. Sur le papier, l’association fonctionne.
Dans les faits, la répétition se fait vite sentir. Les morceaux manquent de diversité et finissent par se fondre en bruit de fond. Les effets sonores, quant à eux, remplissent leur rôle sans jamais vraiment marquer l’esprit. Pas de cris mémorables, pas de son glaçant qui reste en tête. Une ambiance sonore correcte, mais sans éclat.
Narration : le silence comme discours
Terrifier: The ARTcade Game ne raconte pas vraiment une histoire. Il impose une ambiance. Pas de dialogues, peu de contexte, aucune construction narrative poussée. On avance parce que le jeu nous pousse à avancer. On tue parce que c’est ce que fait Art.
Ce choix peut séduire par sa radicalité, mais il laisse aussi un goût d’inachevé. L’univers de Terrifier aurait pu offrir une plongée plus dérangeante, plus psychologique. Ici, tout reste en surface, comme une succession de tableaux sanglants sans véritable fil conducteur.
Durée de vie : une descente trop courte
La campagne se termine rapidement. En solo, quelques heures suffisent pour atteindre la fin. Une fois le générique affiché, il reste peu de raisons d’y revenir, si ce n’est le mode coopératif local.
Et c’est là que le jeu révèle son meilleur visage. À plusieurs, le chaos devient presque jouissif. Les défauts passent au second plan, remplacés par le plaisir brut du carnage partagé. Mais cette force repose entièrement sur la présence d’autres joueurs.
Verdict final
Terrifier: The ARTcade Game est une expérience imparfaite, mais honnête dans ses intentions. Il ne cherche pas à révolutionner le beat ’em up, ni à approfondir son gameplay. Il veut simplement être sale, violent et rétro.
Le problème, c’est que l’horreur ne suffit pas toujours à masquer le vide. Derrière son esthétique gore et son hommage à l’arcade, le jeu manque de profondeur, de variété et de finition. Il amuse par moments, agace souvent, et laisse surtout l’impression d’un potentiel sous-exploité.
Un jeu à réserver aux fans de l’univers ou aux soirées coopératives, mais difficile à recommander comme expérience solo marquante.
+ Direction artistique sombre et fidèle
+ Ambiance rétro assumée
+ Coopération locale chaotique et fun
- Gameplay répétitif
- Équilibrage frustrant
- Durée de vie limitée
